Tony Renucci est directeur général de Respire, association nationale pour l'amélioration de la qualité de l'air et la défense des victimes de la pollution. Créée en février 2011, c'est une association loi 1901 qui s'est constituée en expert de la pollution atmosphérique en France et en Europe, et qui appuie ses positions sur des données scientifiques plutôt que sur l'indignation.
Trois leviers : alerter, mesurer, attaquer
Respire agit sur trois fronts. La sensibilisation, d'abord, pour installer un sujet que chacun traite comme lointain alors qu'il le respire. La production de données ensuite : l'association a mené ses propres campagnes de mesure, notamment dans des écoles d'Île-de-France et d'Auvergne-Rhône-Alpes. Le contentieux enfin, contre les pollueurs comme contre les institutions. En 2021, l'Assemblée nationale a repris des propositions de l'association après son rapport sur les liens entre pollution de l'air et Covid-19. En 2022, Respire a obtenu du Conseil d'État l'application anticipée du contrôle technique des deux-roues.
Ce que coûte le fait de porter ce combat
C'est l'un des angles de l'épisode. Défendre la qualité de l'air suppose de toucher à la voiture, aux habitudes et aux libertés que chacun s'accorde, ce qui déclenche une hostilité que peu de causes environnementales connaissent à ce degré. Tony Renucci y revient, en même temps que sur nos contradictions ordinaires entre ce que nous savons et ce que nous faisons, et sur les repères qui manquent pour juger de l'air que nous respirons.