La Juste Performance
Portrait de Jimmy Materne

À propos

Le podcast

La Juste Performance cherche l'espace entre deux impasses : la performance qui abîme, et le lâcher-prise qui laisse tout en l'état. Cet espace n'a pas de nom, pas de méthode, pas de programme en quatre semaines. Il a des mécanismes, et ces mécanismes s'apprennent.

Chaque épisode prend une injonction du monde du travail et regarde comment elle est fabriquée. Sois le meilleur. Tu vas y arriver. Il n'y a aucune raison que tu rates. Avance. Des phrases si banales qu'on ne les entend plus, et qui organisent pourtant une bonne partie de nos journées.

Vous n'y trouverez pas de recette, ni de liste de trois choses à faire dès lundi matin, ni de citation grecque pour donner de la patine à ce qui précède. Vous y trouverez de quoi comprendre ce qui vous arrive. Ce que vous en faites ensuite vous appartient.

Qui parle

Je m'appelle Jimmy Materne. J'ai passé quinze ans dans l'industrie, dont dix en direction, entre la Chine, les États-Unis et la France. Je dirige aujourd'hui ANVEN Consulting, un cabinet de conseil en organisation et de formation basé à Besançon.

Voilà la version courte. Elle ne dit pas grand-chose.

La version plus utile

Mes parents étaient ouvriers. J'ai compris assez tôt que le monde était divisé en morceaux, et qu'on apprend vite à lire la pièce dans laquelle on entre. À calculer ce qu'on attend de vous. À ajuster. Ajuster, c'est un mot poli pour dire porter un masque.

Le masque a bien fonctionné. Il m'a mené d'une école d'ingénieurs à une école de commerce, puis d'un poste de technicien à des fonctions de direction, sept métiers dans la même entreprise. Il s'adaptait à chaque pays, à chaque étage. Il était performant.

Ce que je n'avais pas vu, c'est que mon parcours, je ne l'avais quasiment jamais choisi. Au lycée, quelqu'un a vu quelque chose dans mes notes et m'a envoyé ailleurs. J'ai suivi. Un professeur m'a recommandé une école. J'ai postulé. Un directeur m'a suggéré une autre. J'ai continué. À chaque étape, quelqu'un d'autre a vu quelque chose. Moi, j'ai suivi.

Les injonctions extérieures se greffaient sur moi avec une facilité déconcertante. Pas parce que la machinerie qui pose la question d'avant, celle qui demande si c'est bien ce que je veux, n'existait pas. Parce qu'elle ne savait pas qu'elle avait le droit de s'activer.

Ce qui a changé

En 2020, j'ai lancé un premier podcast. Sans utilité immédiate, sans plan de carrière derrière. Parce que j'en avais envie. C'est troublant de réaliser, à l'âge adulte, qu'on n'avait pas choisi grand-chose avant.

Ce podcast m'a obligé à aller chercher des gens qui pensaient sérieusement le travail, les organisations, le management, et ce qu'on y fait de nous. J'ai lu, interviewé, pris des notes. Pour la première fois depuis longtemps, j'apprenais sans que ça serve à quelque chose.

Il y a eu la thérapie aussi, à la même période. J'y ai croisé le faux-self décrit par Donald Winnicott : une façade construite en réponse à l'environnement, qui finit par occuper toute la place. Ce n'est pas une pathologie, c'est une adaptation, souvent très efficace. Je m'y suis reconnu.

Winnicott a écrit autre chose que je garde en tête depuis : la mère suffisamment bonne. Pas parfaite. Suffisamment bonne. J'ai mis du temps à comprendre que ça s'appliquait aussi au travail, et à soi.

ANVEN Consulting

ANVEN Consulting, fondé début 2026, accompagne des organisations de type PME/ETI. Je m'y présente comme l'ostéopathe des organisations : rendre visible l'invisible, pour que les structures tiennent sans s'abîmer. Ma conviction de départ tient en une phrase : la plupart du temps, ce qu'on appelle un problème de management est un problème de système. Pour cela je pratique l'analyse transactionnelle, l'approche systémique et l'agilité. Des sujets qui me passionnent.

J'ai aussi écrit un livre, onze chapitres sur ces injonctions que j'ai portées longtemps avant de les regarder en face.

Une dernière chose

Il y a quelques mois, j'ai repris le trail, le VTT et plus récemment le gravel. La forêt de Bregille commence au bout de ma rue.

Avant, c'était le chrono, la distance, l'allure. Je partais trop vite, je finissais dans le rouge, je rentrais vidé. Aujourd'hui je pars souvent sans objectif. Je rentre si je ne me sens pas en forme, je rallonge si j'en ai envie. Je ne sais pas si je cours mieux qu'avant. Je sais que j'aime nettement plus courir.

C'est à peu près ce qui s'est passé côté professionnel. J'ai longtemps couru après les marqueurs de réussite : la fonction, le titre, le projet d'envergure. Je construis maintenant à mon rythme. Je ne vais peut-être pas plus loin, mais j'y vais avec beaucoup plus de joie.

Ce podcast parle de ça. Bonne écoute, et bonne recherche de la juste performance.

La Juste Performance est édité par ANVEN Consulting. Découvrir ANVEN Consulting