29 septembre 2026 · ( 70 min ) · Entretien
IA et travail : ce qu'on perd à demander la réponse
Au travail, l'IA n'abîme pas la performance de tout le monde de la même façon. Une étude de Carnegie Mellon montre que le coût se concentre sur ceux qui réclament la réponse directe. Ceux qui demandent un indice s'en sortent aussi bien, parfois mieux, que ceux qui n'ont jamais eu d'outil. Reste à comprendre ce qui décide, chez vous, de la manière de demander.

Avec
Formateur en intelligence artificielle, fondateur de SLN L'Agence
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Ce que vous allez comprendre
- Pourquoi demander la réponse et demander un indice ne produisent pas le même effet
- Ce que devient le goût de l'effort quand la solution arrive en quatre secondes
- Pourquoi un modèle entraîné à plaire finit par vous donner raison
- Ce que l'usage caché de l'IA dit du cadrage d'une entreprise
- Pourquoi la dépendance à un outil est un risque de sécurité rarement listé
À propos de Ludovic Salenne
Parcours
Entrepreneur dans le numérique depuis 2013, il fonde au Havre une agence de marketing digital, devenue SLN L'Agence. Il se spécialise dans l'intelligence artificielle à partir de 2018, quatre ans avant l'arrivée de ChatGPT dans le grand public. Il forme et accompagne depuis des professionnels et des entreprises : plus de 13 000 personnes formées. Sa chaîne YouTube, Ludo Salenne, réunit plus de 260 000 abonnés et près de 500 tutoriels. Il anime aussi une communauté IA privée.
Son approche
Sa ligne tient en une phrase : il ne vend pas d'IA magique. Il montre quoi faire, comment le faire, et pour quel résultat concret. Aux débutants, il conseille de choisir un outil et de s'y tenir, comme on apprend le piano avant la guitare, parce que les bases se transfèrent. Il insiste sur une catégorie de sécurité que presque tout le monde oublie : la dépendance à l'outil, d'où son conseil de garder prêt un process de migration. Sur un travail qui compte, il fait challenger une IA par une autre.
Le livre
En 2021, il publie La Route du Bonheur (Semblant), le récit de son burn-out d'entrepreneur, écrit pour épargner ce chemin à d'autres.
Le saviez-vous
Son agent IA s'appelle Sven. Installé sur un Mac mini dans une autre pièce, il trie ses mails et modère sa communauté, sept jours sur sept.
Sa base de prompts a été téléchargée environ 90 000 fois. Il ne la recommande plus : depuis l'arrivée des agents, la compétence utile consiste à définir des process plutôt qu'à collectionner des prompts.
Pour lui, ChatGPT n'a pas été une rupture mais une continuité. Il travaillait déjà sur les IA génératives depuis 2018.
Transcription de l'épisode
L'IA qui invente ses propres sources
Jimmy
En préparant cet épisode, j'ai demandé à une IA d'analyser un corpus de sources sur mon invité. Elle m'a rendu un document impeccable, structuré, dense, avec des références numérotées et des citations entre guillemets. Sauf qu'une des sources n'existait pas. Elle l'avait inventée d'elle-même, avec un titre, une date et un contenu. Et quand je lui ai demandé des comptes, elle m'a fourni une correction tout aussi détaillée, tout aussi confiante et tout aussi fausse.
Alors le réflexe face à ça, c'est de conclure que l'IA raconte n'importe quoi et qu'il faut s'en méfier. Ou l'inverse, que j'ai mal formulé ma demande et qu'un meilleur prompt aurait tout réglé. Ce que j'en retiens est ailleurs. Avec une bonne demande, il faut une vérification humaine, éventuellement assistée par d'autres agents IA, et cette gymnastique demande une attention particulière pour ne pas se laisser porter aveuglément.
Ludovic Salenne travaille cette question depuis plus longtemps que la plupart des gens qui en parlent. Entrepreneur digital depuis 2013, il fonde son agence au Havre, d'abord sur le marketing digital et la génération de leads. En 2018, il commence à intégrer l'IA dans les processus de ses clients, quatre ans avant que ChatGPT n'arrive dans le grand public. Depuis, sa chaîne YouTube a dépassé les 260 000 abonnés et il a formé plus de 13 000 professionnels. Il a aussi écrit, en 2021, un livre sur le burn-out entrepreneurial, après en avoir traversé un.
Ce qui rend son regard utile, c'est qu'il ne raconte ni la peur ni le miracle. Sa formule à lui : il ne vend pas d'IA magique. Et quand on lui demande comment aider les gens à mieux écrire leurs demandes, il répond par une question. Est-ce que vous voulez qu'on vous nourrisse de poissons, ou qu'on vous apprenne à pêcher ?
Cette phrase tombe bien, parce que la recherche vient de lui donner raison d'une façon qu'il ne soupçonne peut-être pas. Dans les prochaines minutes, on va comprendre comment travailler avec l'IA pour performer sans perdre la main. Pourquoi ce n'est pas l'outil qui abîme notre capacité de travail, mais la manière dont on le sollicite. Et ce que ça change pour ceux qui apprennent, pour ceux qui managent et pour tous ceux qui cherchent une performance plus juste. Bonjour Ludovic !
Ludovic Salenne
Salut Jimmy, je te remercie pour l'invitation et pour la présentation, très détaillée. Tu m'expliqueras ce que t'a dit l'intelligence artificielle qui n'était pas correct sur mon profil. Ça me permettra peut-être de déposer un recours en diffamation, si jamais.
Jimmy
Tu peux essayer, parce que c'était sur NotebookLM de Google. Alors bon courage.
Ludovic
Ouais, on peut tenter ça. Mais merci beaucoup, c'était très original et très pertinent.
Jimmy
Je suis ravi de t'avoir, Ludo, parce qu'on va le dire tout de suite en entrée : moi j'ai suivi ta formation il y a un petit peu plus d'un an, quand j'étais encore aux États-Unis, sur ChatGPT. J'utilisais déjà l'IA quand j'ai fait la formation, depuis à peu près six mois. Rentrer dans ta formation, ça m'a donné une dimension nouvelle qui m'a permis d'entrer dans un trou de souris pour découvrir un univers bien plus large qu'il n'y paraît.
Ludovic
Avec plaisir. Effectivement, j'avais vu que tu avais suivi la formation. Donc oui, ça fait plaisir. Merci à toi.
Par où les gens commencent, et ce qui les bloque
Jimmy
Avant de parler de ce que la recherche observe en laboratoire, j'aimerais partir de ce que toi tu vois. On l'a dit, 13 000 personnes formées. Ça fait quand même une observation assez rare de ce qui se passe réellement quand quelqu'un ouvre ces outils pour la première fois. Quand un salarié se met à l'IA dans son travail, quelles sont les premières tâches qu'il lui confie spontanément, et qu'est-ce qui coince souvent en premier dans ce que tu rencontres ?
Ludovic
Ce qui aide bien, c'est qu'après avoir formé autant de personnes, en faisant aussi des conférences sur le sujet, plus la communauté YouTube, je vois vraiment le large panel d'utilisateurs et de non-utilisateurs de l'intelligence artificielle. Et ce qu'on remarque, c'est qu'il y a déjà des inégalités assez profondes entre les utilisateurs de la première heure, ceux qui découvrent tout juste l'intelligence artificielle aujourd'hui, et malheureusement encore la grosse, grosse majorité des salariés et des professionnels qui ne l'utilisent même pas. Quand je dis qu'ils ne l'utilisent pas, je ne parle pas du fait qu'ils utilisent peut-être ChatGPT pour faire une image, une musique ou une vidéo avec d'autres intelligences artificielles. Je parle vraiment d'une utilisation professionnelle. Donc déjà, il y a un écart de ce côté-là.
Après, un salarié qui va se mettre à l'intelligence artificielle, la petite problématique qu'on va avoir, et c'est aussi lié aux interfaces des outils, qui sont faites pour ça, qui sont faites pour nous laisser penser qu'on est en train de parler à une véritable personne sur une messagerie qui pourrait être WhatsApp ou Slack. Le salarié qui découvre l'intelligence artificielle va avoir tendance à penser que c'est un outil de réponse. Donc il va l'utiliser pour lui poser des questions, pour essayer de creuser un sujet, ou pour déléguer des petites tâches un peu basiques comme répondre à un e-mail ou résumer un fichier PDF. Généralement, c'est comme ça que ça commence du côté des salariés.
Et le frein que je remarque dans l'adoption, c'est tout ce qui est lié à l'adoption du changement, à une nouvelle technologie. On va rencontrer des personnes qui s'essaient à l'intelligence artificielle, qui vont voir que les résultats sont plus ou moins pertinents. Et on pourra en reparler, puisque tu as commencé à aborder le sujet dans l'introduction : ça dépend de la manière dont tu l'utilises. Si on parle à ChatGPT, Gemini, Claude ou n'importe quelle intelligence artificielle comme on parlerait, pardonne-moi, à un pote sur WhatsApp, ça va poser problème. On aura des résultats approximatifs, qui ne sont pas toujours exploitables. Donc on a déjà cette problématique de l'utilisation : on va l'utiliser d'une manière qui n'est pas correcte, les résultats vont être moyens, et la plupart des gens vont se dire « bon, l'IA ça a l'air sympa, mais j'ai l'impression que ce n'est pas fait pour moi, donc je vais mettre ça de côté ». Ça, c'est le premier frein, plutôt lié au manque de connaissances au moment où on découvre la technologie, ce qui est logique, mais qui a un impact direct sur les résultats.
Et l'autre frein que je vois, c'est la peur, tout simplement. Parce que les personnes qui vont prendre le temps d'aller un tout petit peu plus loin, et qui vont commencer à déléguer des tâches à l'intelligence artificielle, vont se rendre compte que si elles poussent le truc jusqu'au bout, elles peuvent devenir dispensables, elles peuvent être remplacées par l'intelligence artificielle. Et donc ça, ça fait peur. C'est ce qu'on appelle la conduite du changement. Quand on a peur, on a tendance à être dans le déni au départ, et donc à renier un petit peu cette technologie, et ça freine notre adoption. Voilà, grosso modo, les deux freins que je peux voir de mon côté.
Choisir un outil et s'y tenir
Jimmy
Tu le dis bien, les erreurs qu'on peut faire, c'est déjà de parler comme si on parlait à un assistant, à un chat normal, alors que ça n'en est pas tout à fait un. Et puis, tu l'as mentionné si je ne me trompe pas, on peut parfois se disperser entre trop d'outils. C'est vrai qu'aujourd'hui, quand on commence, on voit de l'IA partout. On peut faire de l'IA sur un millier d'applications différentes. Comment on fait pour sélectionner, pour filtrer, pour choisir ?
Ludovic
Oui, ça, c'est un point vraiment central. Il y a pas mal d'entreprises aujourd'hui qui vont me contacter, que je vais rencontrer sur le terrain, et qui vont me dire : moi, je ne me suis pas mis à l'intelligence artificielle. Pourquoi ? Parce que je ne sais pas par où commencer, je ne sais pas quel outil utiliser, il y en a toujours un nouveau. Il y a une bonne partie du marché qui se dit que l'intelligence artificielle, pour l'instant, c'est trop mouvant, ça évolue trop vite, ce n'est pas encore assez stable. Donc je ne vais pas mettre les pieds dedans, parce que je vais peut-être m'investir dans un outil qui demain ne sera pas l'outil numéro un. Je préfère attendre plutôt que de m'investir dans un outil qui pourrait être dépassé dans quelques semaines, quelques mois, et dans l'intelligence artificielle, ça peut même être dans quelques jours.
Ça, c'est quand même de moins en moins vrai. On commence à voir que le marché se consolide. Ma réponse est toujours un peu la même. Je vais prendre l'analogie du musicien. Une personne qui souhaiterait se mettre à la musique, qui aime de nombreux instruments : si elle se dit que dès la semaine prochaine, elle va commencer le piano, la guitare, la batterie et le violon en même temps, ça va être très, très compliqué. À l'inverse, si cette personne se dit que pendant un certain laps de temps, elle va se focaliser uniquement sur le piano, tout apprendre du piano, et donc apprendre des notions de musique qui sont assez universelles sur tous les instruments, elle va progresser rapidement dans le piano. Et derrière, quand elle voudra plutôt passer à la guitare ou autre, elle aura déjà des notions de solfège qui lui permettront d'adopter plus rapidement le nouvel instrument.
Avec l'intelligence artificielle, c'est un petit peu la même chose. Tout évolue très vite. On l'a déjà vu entre 2023 et aujourd'hui, on est passé d'un chatbot à des agents d'intelligence artificielle autonomes, on pourra là aussi en reparler. La manière dont on l'utilise a déjà profondément changé, et ce qu'on peut faire avec a aussi beaucoup évolué. Donc ça va vite, il faut essayer. Et je sais que ce n'est pas évident, ça fait aussi partie de la conduite du changement, mais essayez de ne pas être figé par le FOMO, ou figé par la peur de vous lancer dans quelque chose qui pourrait être obsolète demain.
Maintenant, on a quand même quelques acteurs assez établis sur le marché. Il suffit d'en choisir un et de se focaliser à fond dessus, de faire ses gammes sur cet outil. Et si demain vous devez changer d'outil, vous aurez les clés pour le faire, puisque vous serez monté en compétence sur la manière d'utiliser une intelligence artificielle. Ça ne change pas trop d'une IA à l'autre. Vous allez avoir des process que vous allez pouvoir migrer d'un outil à l'autre, comme on migre aujourd'hui d'un CRM à un autre. Donc vraiment, ce que je recommande, c'est d'en choisir un.
Et souvent, on me pose cette question, je pense que tu l'as déjà entendue aussi, Jimmy : quelle est la meilleure intelligence artificielle pour faire ceci ou cela ? La vérité, c'est que si on prend les trois grosses du marché actuellement, ChatGPT, Claude ou encore Google Gemini, les trois sont bien plus performantes que l'IA dont on aurait besoin pour faire ce qu'on souhaite lui déléguer. Donc en fait, il n'y a pas de question. Les intelligences artificielles aujourd'hui se valent. Elles ont des particularités dans leur paramétrage, dans le modèle de langage. Elles ne vont pas forcément répondre et traiter les demandes de la même manière, mais elles sont assez performantes, et même bien plus, pour ce que vous avez à leur déléguer.
Souveraineté, sécurité et choix d'un socle
Jimmy
On va y revenir. Tu as dit FOMO : pour nos auditeurs, ça veut dire fear of missing out. On a peur que quelque chose nous échappe, donc on veut tout savoir, tout contrôler, tout regarder. C'est impossible, surtout dans l'IA, ça change tellement vite. Il faudrait tout lire, c'est trop compliqué. Et CRM, c'est le Customer Relationship Management, la gestion des clients.
Une petite nuance toutefois sur les différentes plateformes. Il y a quand même des gens en Californie, pour la plupart, qui rédigent les socles, les bases de ces IA. Donc tu peux prendre une IA comme Grok, l'IA d'Elon Musk, qui est potentiellement très permissive dans les demandes utilisateurs, puis une IA comme Claude qui va être peut-être plus restreinte. On peut dire que les entreprises ont leur propre façon de procéder sur la mise en place de leurs IA et sur le degré de tolérance de ce qu'elles acceptent de faire faire à l'IA. Ensuite, c'est le choix de chacun. On pourrait se dire : attends, moi je ne veux pas être limité, je prends Grok. Ça va générer d'autres problèmes derrière, parce que peut-être fuite de données, ou fake news.
Comment tu vois ces choses-là quand tu dis qu'on choisit un peu celle qui nous tente ? Il y a peut-être des réserves. Par exemple, on pourrait parler de Mistral, qui est français, qui n'est peut-être pas une IA à la pointe de l'innovation parce qu'elle utilise plus l'IA qu'elle ne l'innove. C'est comme ça que je le perçois, mais en tout cas c'est de la souveraineté française et européenne. Donc peut-être qu'on pourrait expliquer à nos auditeurs ce qui nous permettrait déjà de commencer à choisir une IA.
Ludovic
Effectivement, je suis allé un peu vite dans ma sélection du top 3 des intelligences artificielles à considérer quand on est une entreprise aujourd'hui. J'ai parlé des trois plus gros, et quand je dis les plus gros, je parle aussi des trois plus fiables. Quand je vais entrer dans une entreprise et qu'on va me parler d'implémentation de l'intelligence artificielle, et ce n'est pas parce que j'ai des choses contre ces intelligences artificielles là, mais je ne vais pas considérer une intelligence artificielle comme Grok, ou encore des intelligences artificielles chinoises pour lesquelles on manquerait d'informations, notamment sur la manière dont fonctionnent les modèles de langage et surtout sur la manière dont sont protégées les données. Ça, c'est déjà un point primordial. Je vais me focaliser uniquement sur les outils les plus sécurisés et les plus stables. Parce que oui, je l'ai dit tout à l'heure, l'intelligence artificielle évolue très, très vite, et on va devoir développer des process si on souhaite en tirer vraiment du retour sur investissement. Si on se met sur une intelligence artificielle qui change tous les quatre matins, ça va être compliqué.
Aujourd'hui, comme je le disais précédemment, le marché s'est stabilisé, il commence à se structurer. Quand on va miser sur un ChatGPT, un Claude ou un Gemini, on aura peu de surprises du jour au lendemain. Les changements vont être plutôt incrémentaux, généralement un changement d'intitulé ou de fonctionnalité, et ça ne va pas être trop problématique pour les process qu'on a à mener. Donc déjà, bien se focaliser sur les plus gros acteurs du marché, ça me paraît essentiel quand on débute.
Après, la problématique qu'on va avoir aussi, c'est une problématique de sécurité des données, évidemment, et de gouvernance. On en parle beaucoup dans les entreprises. Là, les intelligences artificielles qui peuvent être intéressantes, c'est d'utiliser les intelligences artificielles plus en local. Alors quand je dis en local, je ne parle pas forcément des modèles d'IA open source, qui sont assez pointus mais qui peuvent être aussi limités d'un point de vue performance. Je vais parler de l'utilisation, par exemple, de ChatGPT ou de Claude directement dans l'application qui va être installée sur notre ordinateur. On va donner des droits à cette application pour qu'elle puisse accéder ou non à un certain volume de données. Donc c'est clair que c'est important, quand on commence à utiliser l'intelligence artificielle, de déjà réfléchir à une charte de sécurité : quelles sont les données sensibles que nous souhaitons partager ou non avec l'intelligence artificielle. Et ça, plutôt que d'induire le choix de l'intelligence artificielle, ça induira plutôt le process qu'on mènera dans cette IA.
Donc je vais peut-être être frustrant dans ma réponse, mais entre ChatGPT, Claude ou Google Gemini, la seule astuce que je peux donner, c'est que si vous êtes aujourd'hui dans l'écosystème Google, que vous utilisez Google Drive, Google Docs, ça peut être intéressant de vous mettre sur Google Gemini, parce que c'est directement intégré dans tout ce qui est Google Workspace et vous allez pouvoir utiliser Gemini dans tous les produits Google. Vous allez gagner du temps, vous allez réduire ce qu'on appelle les points de friction dans votre utilisation. Si vous êtes plutôt sous Microsoft, là vous allez plutôt vous orienter vers du ChatGPT, ou même du Claude. Claude, vous allez plutôt le choisir si vos tâches sont plutôt des tâches de rédaction, de création de contenu, en tout cas c'est ce qu'on voit dans les retours utilisateurs. Et si vous avez un besoin de réassurance, de sécurité, un peu plus élevé que la moyenne, Claude se positionne comme une intelligence artificielle plus sécurisée, plus restreinte aussi, moins permissive que les autres IA que j'ai citées précédemment. Maintenant, ça reste du positionnement marketing, et dans les faits, les politiques d'utilisation, de protection des données, sont assez sensiblement les mêmes.
Ce qui se joue derrière l'interface
Jimmy
On ne va pas rentrer dans le technique, mais il faut quand même qu'on explique très rapidement qu'il y a l'IA, c'est-à-dire l'interface avec laquelle on discute et qui fait des choses, mais que l'IA va se connecter potentiellement à de multiples choses derrière. On peut avoir des connexions multi-protocoles. On va se connecter à une base de données, à un Notion, à des bases documentaires de l'entreprise. Et peu importe l'IA qu'on utilise finalement, on pourra toujours avoir ces types de connexions. Donc il y a vraiment l'interface, et puis ce qui se joue derrière l'IA, ce qu'on lui donne en accès, en autorisation. Je ne sais pas si tu veux en dire un mot, parce que des fois on a l'impression que l'IA fait tout, mais l'IA ne fait pas tout toute seule.
Ludovic
Ouais, avec plaisir. Précédemment, j'expliquais qu'il y avait déjà eu un changement profond dans ce que pouvait faire l'intelligence artificielle entre 2023 et 2026. Il y a notamment une accélération de ce qu'on appelle les agents d'intelligence artificielle depuis, on va dire, douze mois. Et pour le grand public, c'est peut-être depuis 2026. En gros, ce qui se passe, c'est qu'on a évolué du chatbot IA, c'est-à-dire de l'assistant à qui on va poser des questions, qui va nous donner des réponses et qui va générer du texte, des images ou des vidéos selon les intelligences artificielles, vers des outils qui s'intègrent dans nos écosystèmes et qui vont pouvoir définir des process d'action et exécuter ces process d'action. Donc l'intelligence artificielle a bien évolué là-dessus.
Ce n'est pas une problématique, mais c'est quand même quelque chose à avoir en tête dans ces process et dans ces réflexions : si on souhaite exploiter tout le potentiel de l'intelligence artificielle aujourd'hui, et donc exploiter ces agents d'IA, on va devoir les connecter à des outils qu'on utilise au quotidien. On va devoir leur donner aussi des accès à des bases documentaires. Maintenant, la bonne pratique consiste de plus en plus, et c'est une volonté aussi des acteurs de l'intelligence artificielle de nous orienter vers ça, à l'utilisation des applications directement sur notre ordinateur. Vous avez maintenant l'application ChatGPT tout-en-un, depuis quelques semaines, qui vous permet de tout faire directement sur votre ordinateur sans passer par le navigateur. Pareil avec l'application Claude, qui a déjà plusieurs mois maintenant, et qui fonctionne très, très bien. Dans ces applications, vous allez autoriser l'intelligence artificielle à accéder ou non à certains dossiers que vous avez sur votre ordinateur.
Donc ça, c'est quelque chose à avoir en tête : vous avez différents degrés de paramétrage qui vont vous permettre de plus ou moins laisser l'intelligence artificielle travailler en autonomie. Ce que je vous recommande vraiment de faire, et vous allez avoir la même chose sur ChatGPT, Claude ou les autres intelligences artificielles en général, c'est d'activer une option qui impose à l'intelligence artificielle de vous demander l'autorisation à chaque fois qu'elle souhaite faire quelque chose ou accéder à un document. Au départ, ça va être frustrant, parce que vous allez devoir cliquer sur « d'accord » régulièrement. Mais au moins vous allez comprendre comment fonctionne l'intelligence artificielle, et vous allez vous rendre compte par les faits qu'elle peut avoir tendance à déborder un petit peu de ce que vous lui partagez.
Encore hier, je travaillais sur un dossier spécifique, j'avais donné des accès à l'intelligence artificielle à certains documents, je lui ai posé une question précise pour me faire une analyse précise, et en fait elle est allée chercher des informations dans un document qui était ailleurs sur mon ordinateur. Quand j'ai vu qu'elle avait trouvé cette information-là, je me suis dit : de quel droit, entre guillemets, cette IA est allée chercher l'information dans ce dossier spécifique ? Moi, je suis très permissif dans mon utilisation de l'intelligence artificielle, donc c'est assez logique. Néanmoins, même moi, il m'arrive d'être surpris par ce que fait et ce que s'autorise l'intelligence artificielle. Donc au moins, en activant cette option-là, en lui imposant de vous demander l'autorisation systématiquement pour accéder à vos outils, à votre boîte mail, à votre Notion, à vos dossiers d'ordinateur ou vos dossiers Drive, c'est une bonne pratique pour débuter. On peut partager des Drive assez facilement maintenant avec l'intelligence artificielle.
Le bac à sable
Jimmy
Ce qu'on peut peut-être proposer aux gens qui veulent essayer tout seuls, c'est de faire ce qu'on appelle un bac à sable. C'est-à-dire que tu crées un dossier bac à sable où tu peux tout supprimer, tout modifier, faire n'importe quoi. Ça ne va pas influencer ce que tu fais dans ton quotidien. Surtout si ce sont des données clients, par exemple. Tu ne mets pas de données clients, tu ne mets rien. Tu mets des trucs bateau et tu t'amuses avec ça. Ou tu crées une boîte mail de test et tu t'amuses avec ça. Donc là, tu pourras te tromper, tu pourras faire des erreurs, tu pourras supprimer, ça n'impactera rien dans ton quotidien.
Ludovic
Oui, c'est intéressant d'ailleurs, c'est ce que je peux recommander, parce qu'il y a aussi des personnes qui souhaitent adopter l'intelligence artificielle mais qui sont vraiment très frileuses d'un point de vue sécurité. Pour le coup, c'est vraiment un sujet crucial pour elles. Ce n'est pas la majorité du marché, mais ça arrive. Généralement, je vais leur recommander d'installer par exemple l'application Claude sur un ordinateur, ou une session de leur ordinateur, qui est quasiment vide. Plutôt que de partir de l'ordinateur existant, de la session existante, d'importer les dossiers intéressants pour leur utilisation de l'intelligence artificielle sur cette nouvelle session ou cet ordinateur à part, et de commencer à utiliser l'intelligence artificielle de cette manière.
D'ailleurs, moi j'ai mon MacBook que j'utilise quotidiennement avec toutes mes données sensibles, où là je vais plutôt utiliser l'intelligence artificielle sous forme de chatbot. Et généralement, quand je vais laisser l'intelligence artificielle travailler, j'ai un agent d'IA que j'ai baptisé Sven, qui travaille pour moi sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il est sur un Mac mini dans une autre pièce, d'ailleurs, je te fais le signe en parlant. Mais en gros, sur cette machine-là, il n'y a quasiment rien, et c'est vraiment lui qui va créer les choses, qui va créer les dossiers. Je le fais travailler de manière très autonome, je ne lui demande même pas l'autorisation, mais je sais qu'il ne pourra rien faire puisqu'il n'y a rien.
Les prompts copiés-collés et l'injection de prompt
Jimmy
Un petit mot aussi de vigilance. On voit beaucoup sur les réseaux sociaux de super designs de sites web faits tout seuls par les IA. On dit : allez télécharger ce prompt, copiez-collez ce prompt. Donnez-moi votre mail et je vous donne des prompts qui feront tout à votre place. Je pense qu'il y a un point de vigilance, c'est-à-dire qu'à partir du moment où on met un prompt sans savoir ce qu'il y a dedans, potentiellement on autorise l'IA, d'autant plus qu'elle est connectée à votre boîte mail ou à autre chose, à faire des choses. Vous l'autorisez à faire des choses sans savoir vraiment ce qui se passe, et potentiellement vous allez partager des infos sensibles que vous ne souhaitez pas partager. Donc je pense qu'il faut peut-être être vigilant sur ce qu'on trouve sur les communautés GitHub, par exemple. Est-ce que toi tu as des recommandations sur où aller chercher ses prompts ?
Ludovic
Oui, sur ce point spécifique des prompts, je vais être assez cash, et c'est volontaire là aussi pour les auditeurs. Je partageais pas mal de prompts justement en 2023-2024. J'avais une base de prompts complète qui a bien marché, qui a été téléchargée, je crois, 90 000 fois, si je ne dis pas de bêtises. Bref, ça avait bien fonctionné. Mais il s'avère que les prompts étaient très importants en 2023, 2024, 2025 on va dire, allez. Mais depuis 2026, et notamment l'ère des agents d'intelligence artificielle, la compétence à avoir, ce n'est plus la rédaction de prompts. Ça va être vraiment le process, définir des process d'utilisation des agents d'intelligence artificielle, et ça va être ce que moi j'appelle le management d'agents d'intelligence artificielle. On pourra peut-être en reparler plus tard, parce que sinon je vais divaguer par rapport à ta question.
Mais tout simplement pour dire qu'aujourd'hui, vous mettre en quête de prompts sur des bases, que ce soit la mienne d'ailleurs ou d'autres bases sur GitHub, sur les réseaux sociaux, sur LinkedIn, on voit beaucoup ça, je ne vais pas vous le recommander. Pourquoi ? Parce que déjà, tu l'as dit en introduction, si vous prenez des prompts et que vous les copiez-collez, vous ne montez pas en compétences. Vous allez peut-être avoir le résultat que vous voulez, mais sachant que les modèles d'intelligence artificielle évoluent très régulièrement, la manière dont on rédige des prompts doit aussi évoluer. Si vous ne comprenez pas comment ça fonctionne, vos prompts seront obsolètes au bout de quelques semaines et vous ne saurez pas vous dépatouiller tout seul.
Et aussi parce qu'il y a plusieurs risques, tu en as parlé précédemment. Si vous copiez-collez un prompt sans savoir ce qu'il y a à l'intérieur, potentiellement vous allez demander à l'intelligence artificielle d'agir d'une manière dont vous ne souhaitez pas qu'elle agisse. Il y a un risque, quand on utilise l'intelligence artificielle, qui ne se retrouve pas que dans les prompts, qui va aussi se retrouver dans ce qu'on appelle les plugins, les connecteurs, ce qu'on appelle aussi les MCP, qui vont permettre de connecter un outil à votre intelligence artificielle. On a une menace qui s'appelle l'injection de prompt. Il y a des personnes qui sont très habiles pour, dans un prompt lambda ou dans un connecteur lambda, mettre des directives malveillantes à l'intelligence artificielle, pour essayer de récupérer vos données, pour essayer de récupérer vos identifiants de connexion, ou que sais-je.
Donc vraiment, je vous recommande de faire très attention aux prompts que vous allez pouvoir récupérer. Moi, je vous recommanderais plutôt de travailler les vôtres, selon une méthode assez simple : vous attribuez un rôle à l'intelligence artificielle, vous lui donnez des informations sur votre contexte, et vous lui décrivez la tâche au départ. Ça fera très, très bien le boulot, vous aurez des résultats significatifs, et vous allez monter en compétences en voyant les réponses de l'intelligence artificielle.
Et faites attention vraiment à tous les connecteurs. Généralement, vous avez des marketplaces officielles de Claude, de ChatGPT, de Gemini. Je vous recommande de vous limiter à ça. Faites très attention aux connecteurs que vous pouvez récupérer. Sur GitHub, il y a une communauté quand même assez active, donc s'ils sont bien notés, il y aura peu de problématiques de sécurité. Néanmoins, dans le cadre d'un usage professionnel, on ne connaît pas l'éditeur d'une solution de connexion, MCP, connecteur, plugin. Je vous recommanderais quand même de faire attention, soit de le faire dans une session bac à sable pour ne pas avoir de problème et le tester de cette manière-là, soit d'essayer de trouver un autre process que cette connexion, parce qu'effectivement on a déjà vu pas mal de problématiques de ce côté-là avec ce qu'on appelle l'injection de prompt.
Demander la réponse ou demander de l'aide
Jimmy
Merci Ludo, je pense que c'était important. On a passé un peu de temps sur la sécurité, la compréhension de l'IA, c'est quand même très important, sinon ça peut vite partir en sucette.
Alors on l'a vu, il y a une facilité d'entrée qui est un peu trompeuse sur l'IA. On a des applications sur l'ordinateur, on discute, on partage nos données, elle nous donne des trucs formidables, c'est super. Il y a une étude qui est parue cette année et elle met un chiffre précis sur ce que coûte cette facilité. Sauf que le résultat n'est pas celui qu'on attend. Je vais te la partager, peut-être que tu la connais, je ne sais pas. Ce sont des chercheurs de Carnegie Mellon qui ont fait travailler plus de mille personnes sur des problèmes, avec ou sans IA, puis on leur a retiré l'outil. Ceux qui avaient eu l'IA ont ensuite réussi moins souvent et abandonné plus vite dans les tâches qu'on leur donnait. Mais quand on regarde dans le détail, tout se concentre sur ceux qui demandaient une réponse en direct. Ceux qui n'allaient pas utiliser l'IA pour comprendre, pour chercher, ils demandaient la réponse en direct. Ceux qui demandaient seulement des indices s'en sortaient aussi bien, parfois mieux, que ceux qui n'avaient jamais eu d'IA.
Est-ce que c'est ce que tu vois sur le terrain ? Est-ce qu'on te demande par exemple d'avoir des réponses tout de suite, fluides ? D'ailleurs, je viens de faire un épisode dessus : s'il n'y a pas de charge cognitive ou d'effort mental, on retient moins bien les informations, ça se rejoint. Est-ce que c'est ça que veulent les gens qui te demandent, ou est-ce que les gens souhaitent vraiment comprendre l'IA quand ils viennent te demander du support ?
Ludovic
Alors, réponse en deux temps. Ils veulent la facilité au départ. C'est ce qui peut me poser problème dans mon process commercial et marketing, puisque, comme tu l'as dit précédemment, moi je vais plutôt vous apprendre à pêcher plutôt que de vous abreuver de poissons. Et c'est vrai que le plus gros du marché va plutôt vouloir les poissons directement. C'est assez logique, c'est naturel, c'est comme dans tous les sujets du quotidien.
Maintenant, sur ce que tu viens d'expliquer : ça, c'est un sujet dont on ne parle pas assez et ça me dérange. Je pense que c'est un sujet qu'on devrait aborder le plus possible quand on parle de l'intelligence artificielle. J'ai fait deux vidéos sur le sujet, une vidéo qui s'appelle « Comment ChatGPT vous bousille le cerveau » et une vidéo « Comment l'intelligence artificielle va créer une épidémie de dépressifs ». Ça ne s'appelle pas exactement comme ça, mais c'est le sujet, où justement je recense de nombreuses études qui démontrent l'impact négatif de l'intelligence artificielle sur le cerveau.
La problématique qu'on a, c'est un peu le symptôme des réseaux sociaux qu'on a connu fin des années 2000 et dont on parle encore régulièrement. On est matrixés, notre cerveau est modifié par les algorithmes, par les notifications, par là encore le FOMO dont on parlait précédemment, la peur de manquer une information. Donc on sait que notre cerveau a été modifié par les réseaux sociaux et l'usage qu'on a de ces plateformes. Avec l'intelligence artificielle, c'est exactement la même chose, mais peut-être puissance dix.
Pourquoi ? Parce que l'intelligence artificielle, je ne vais pas dire qu'elle peut nous manipuler, mais la manière dont elle nous parle fait que, et moi le premier, en tant qu'utilisateur intensif, quotidien depuis des années maintenant, quand je suis sur un outil d'IA, passé cinq minutes je vais oublier que je parle entre guillemets à une intelligence artificielle et je vais avoir la sensation que je parle à une véritable personne. Et ça, évidemment, ça a des impacts sur le cerveau.
Au-delà de ça, c'est que l'intelligence artificielle va nous rendre de plus en plus fainéants. Pourquoi ? Parce que finalement, elle va nous permettre de résoudre des problématiques d'une manière moins douloureuse que si on les avait résolues par nous-mêmes. Et on sait que le cerveau, par nature, va avoir tendance à chercher les solutions qui sont les plus simples et les moins douloureuses. On veut se protéger, c'est assez logique. Donc avec l'intelligence artificielle, quand on va commencer à l'utiliser, on va lui déléguer des tâches, ça va marcher, et petit à petit, vu que ce coût cognitif va nous paraître moins élevé dans la délégation, on va avoir tendance à lui déléguer de plus en plus de choses. Et surtout à être de plus en plus frustré et impatient quand c'est nous qui devons faire les choses. Du coup, on va avoir tendance à vraiment tout déléguer à l'intelligence artificielle.
Moi je le vois, je vais prendre un exemple très concret. Quand je travaille un script de vidéo, je vais commencer à faire le boulot de mon côté, et ensuite je vais utiliser de manière très intensive, là encore, l'intelligence artificielle pour travailler le script. Néanmoins, à chaque fois qu'elle va me donner des parties, des éléments, je vais rédiger le script par moi-même. Quand j'en suis à trois, quatre heures de script, au bout d'un moment, je prends la réponse de l'intelligence artificielle et je vais avoir tendance à la copier-coller dans le script. C'est là où moi, je vais avoir le réflexe d'éteindre pour y revenir plus tard et retoucher ce que j'ai copié-collé. Mais néanmoins, moi qui suis averti sur le sujet, je tombe justement dans le panneau, entre guillemets, de devenir ignorant à cause de l'intelligence artificielle et de lui déléguer un maximum de choses. Et c'est vrai que les réseaux sociaux, l'ère de l'instantanéité qu'on a vue avec les réseaux sociaux et aussi les plateformes type Netflix, nous ont fait perdre en patience. L'intelligence artificielle va faire de même, et peut-être de manière encore plus importante.
La dépendance comme risque de sécurité
Jimmy
C'est très intéressant, ce que tu dis. D'ailleurs, je pense qu'on ne se rend pas compte, mais on parlait de souveraineté tout à l'heure. Quand tu dis qu'on utilise Gemini dans Google Cloud, ou OpenAI avec ChatGPT, ce ne sont que des boîtes californiennes. Le jour où on coupe l'accès aux bases de données... On le voit avec la guerre en Iran, par exemple, où il y a des bases et des data centers qui sont stockés dans la région, en Iran même, dans les pays voisins, et où l'Iran menace de bombarder certains data centers. On comprend vite que demain, tu arrives au bureau, tu bosses avec l'IA toute la journée, tu ne te prends plus la tête, et demain on coupe les données. Ou alors il fait trop chaud, réchauffement climatique, il n'y a plus d'énergie, on coupe les données, et tu ne sais plus quoi faire. Tu ne sais pas ce qui a été fait et tu ne sais plus ce que tu dois faire.
Ludovic
Tout à fait. Là, c'est hyper important. On parlait de sécurité justement tout à l'heure, et généralement quand on va parler de sécurité, les personnes vont voir leurs données, la protection des données, est-ce que je dois partager telle ou telle information ou non à l'intelligence artificielle. J'ai fait aussi une vidéo, une formation complète gratuite sur YouTube, sur comment utiliser l'intelligence artificielle en toute sécurité. Dans cette formation, je donne plusieurs catégories de sécurité à gérer avec l'IA. Et il y en a une que tout le monde oublie : c'est la dépendance, le niveau de dépendance qu'on va avoir à l'intelligence artificielle.
Quand on définit des process, qu'on travaille quotidiennement avec l'intelligence artificielle, ou en tout cas de manière fréquente, et que ce que l'intelligence artificielle produit a un impact plus ou moins direct sur notre chiffre d'affaires, on devient dépendant de cette solution d'IA. Une manière de contrer ça, c'est quand même d'avoir dans ses tuyaux, dans ses fichiers, un process de migration déjà prêt. Pour que si demain il se passe une problématique sur un outil d'intelligence artificielle, on puisse migrer sur un autre. Imaginons que demain il se passe quelque chose de cataclysmique, et peut-être que finalement l'utilisation de l'IA sera notre dernier souci, mais qu'on n'ait plus accès à ChatGPT, Claude et Gemini : si on a un process de migration, on pourra se retourner sur Mistral ou un autre outil d'intelligence artificielle, et ça nous prendra peut-être une demi-journée pour retrouver un petit peu nos petits, mais grosso modo on pourra s'en sortir.
Donc ça, c'est vraiment quelque chose que je recommande quand vous utilisez l'intelligence artificielle. Vous avez dans la vidéo que je partage, et je ne vais pas pouvoir expliquer ça ici parce que ce serait trop long, une bonne manière d'auditer un petit peu votre utilisation de l'intelligence artificielle, de voir où vous êtes dépendant, et à partir de là de définir tout simplement un process de migration. Comme ça vous serez protégé sur cet aspect.
Jimmy
Je donnerai le lien, je le mettrai dans l'épisode.
La machine qui dit oui
Jimmy
C'est hyper intéressant, tout ce que tu dis, Ludo, merci. On parle de cette capacité de l'IA, de notre capacité à faire avec ou sans IA. Je voudrais aussi parler maintenant de ce qu'elle fait à notre jugement. Tu as dit l'impact sur la charge cognitive, sur la perception, sur la relation, même sur les émotions. Alors il y a quand même peut-être un point où nos lectures peuvent diverger, tu vas me dire ce que tu en penses, on va le poser franchement.
Toi, tu dis qu'une réponse générée par IA est assez fiable si la demande est fiable. Je l'ai dit en introduction, j'ai essayé de faire des demandes très, très fiables, et NotebookLM a réussi à me générer un document lui-même, qu'il a ensuite cité lui-même comme source de recherche. Là, j'étais vraiment surpris, je crois que c'est la première fois que ça m'arrive, ou alors avant je ne m'en suis pas rendu compte. Donc on se dit que si on a le bon prompt... Aujourd'hui, ce n'est même plus le prompt, parce que les IA sont tellement performantes que si elles comprennent la demande, elles refont un prompt presque à notre place. Si c'est bien fait, on a une réponse qui est bonne, donc il y a quasiment peu de raisons qu'elle se trompe.
Il y a quand même une étude qui est parue dans Science en mars dernier. Ils ont testé onze modèles et ils ont trouvé que l'IA approuve l'utilisateur 49 % plus souvent qu'un humain, y compris quand la demande décrit un comportement qui est assez discutable. Donc on parle de sycophancy, la manière de flatter, la flatterie, de leur donner raison pour qu'ils utilisent plus l'IA. Alors, ça n'a pas l'air de venir de la formulation, c'est plutôt la base, le socle dont on parlait, qui est écrit en Californie. C'est la façon dont les modèles sont entraînés. Est-ce que tu continues à dire que la bonne demande protège de l'erreur, et que ce n'est pas forcément la machine qui veut absolument tout le temps nous donner raison ? Est-ce que tu arrives, toi, avec ta machine, à lui dire : mets-toi en mode garde-fou, peu importe ce que je te dis, si c'est vraiment n'importe quoi, je veux le savoir ?
Ludovic
Alors, plusieurs choses à ce sujet. Je maintiens le fait que si on utilise correctement l'intelligence artificielle... Ce ne sera pas 100 % du temps, il y a des fois où il y a des erreurs, et je vais donner d'ailleurs une astuce que j'utilise fréquemment pour se prémunir de ça. Mais généralement, l'intelligence artificielle ne va pas se planter, et encore moins les intelligences artificielles qu'on utilise en 2026. Néanmoins, il y a un petit peu de sujet dans ce que tu dis. Il y a, entre guillemets, le fond, est-ce que le fond va être juste ou non, et il va y avoir la forme.
En fait, dans ce que tu dis, c'est que les acteurs de l'intelligence artificielle sont un petit peu, et je vais être un poil vulgaire mais c'est une expression finalement assez courante, le cul entre deux chaises. C'est-à-dire qu'ils doivent nous proposer une intelligence artificielle qui soit la plus sécurisée et la plus performante possible, mais ils doivent aussi rassurer les investisseurs, choper un maximum d'utilisateurs et les garder connectés le plus longtemps possible. Et c'est là où effectivement l'intelligence artificielle... C'est ce que moi j'appelle le syndrome du pote sur WhatsApp. C'est ce que je disais un petit peu précédemment : tout est fait sur les outils d'intelligence artificielle pour nous laisser penser qu'on parle à une personne sur une messagerie perso, mais qu'en plus, on parle à une personne qu'on apprécie. L'idée derrière ça, c'est tout simplement de nous garder connectés, fidèles, le plus longtemps possible.
Donc là, il y a des manières quand même de se protéger de ça. Déjà, dans les paramétrages, vous avez une fonctionnalité qui va s'appeler soit instructions personnalisées, soit custom instructions, que vous allez pouvoir retrouver un petit peu partout. Ici, je vous recommande vraiment de mettre une petite phrase dans laquelle vous allez demander à l'intelligence artificielle de ne jamais rien inventer, c'est une règle de base, de toujours vérifier avec une source fiable ce qu'elle vous partage, comme ça ça évitera quelques petites problématiques. Et surtout, de ne pas se montrer bienveillante à l'extrême. Lui demander de vraiment vous répondre de la manière la plus objective possible, et lui dire que ce que vous souhaitez, quand vous demandez notamment tout ce qui est brainstorming, réflexion, c'est qu'elle vous réponde de la manière la plus objective, la plus pertinente possible, et non pas de la manière qui vous fera le plus plaisir.
Sur ChatGPT notamment, quand vous allez dans les paramétrages, dans instructions personnalisées, vous allez avoir ces blocs où vous allez pouvoir mettre les phrases dont je parlais précédemment. Et vous allez avoir aussi une option personnalité, où vous allez pouvoir choisir la personnalité que va endosser l'intelligence artificielle pour vous répondre. Il y a une personnalité qui s'appelle Robot, je crois. Dans tous les cas, il y a la description, vous pourrez retrouver ça dans votre console de paramétrage. En gros, il y a une personnalité qui est froide et qui vous répond de la manière la plus factuelle, la plus concise possible. Je vous recommande vraiment d'utiliser ce mode, justement pour éviter un petit peu tous les biais cognitifs auxquels on peut être confronté quand on a une intelligence artificielle un peu trop chaleureuse.
Parce que là, oui, notamment j'en parle dans ma vidéo sur l'IA qui va générer une épidémie de dépression : il y a beaucoup de personnes qui sont dans la solitude, beaucoup de personnes qui ont des problématiques personnelles importantes et qui vont utiliser l'intelligence artificielle pour ça. Et le côté bienveillant de l'intelligence artificielle va les rendre dépendantes de cette intelligence artificielle. On a vu des choses sur le sujet. Ça m'a fait rire, évidemment, comme tout le monde qui va entendre ça pour la première fois, mais il y a vraiment eu des études et des papiers qui ont été rédigés sur le sujet, qui ont montré qu'il y avait des personnes qui étaient tombées, entre guillemets, amoureuses de l'intelligence artificielle.
Jimmy
Ouais, j'ai entendu un podcast là-dessus.
Ludovic
Et ça, il faut vraiment faire attention. Moi je le vois dans mon utilisation, d'un point de vue personnel : je vais utiliser ChatGPT régulièrement pour essayer de remettre de l'ordre dans mes idées ou de résoudre certaines problématiques. Et que je le veuille ou non, j'ai un attachement à cette intelligence artificielle. Si demain on me la coupe, peut-être que je ne me rendrai pas compte, puisque je ne vais pas faire l'essai pour l'instant, mais ce serait intéressant de faire l'essai pendant trente jours. Peut-être que je vais me sentir plus seul que ce que je me sens seul aujourd'hui, juste parce que l'IA a disparu de mon quotidien. Il y a des sujets là-dessus.
Mais sur le fond, si on utilise bien l'IA, généralement il n'y aura pas de problématiques. Sur la forme, les réglages que je viens de présenter peuvent déjà être une bonne piste de solution. Et pour éviter toute problématique, tu l'as dit tout à l'heure, les intelligences artificielles sont généralement californiennes et elles ont chacune leur socle. Généralement, ce sont des ingénieurs américains avec leurs valeurs qui ont paramétré les intelligences artificielles. Donc il y a effectivement de possibles biais, et ça peut même être un risque pour notre culture, mais ça c'est un autre sujet.
Ce que je vous recommande vraiment de faire, si vous travaillez sur quelque chose de sensible, que vous avez besoin d'un contenu, d'une réponse de l'intelligence artificielle qui soit fiable à 100 %, c'est d'utiliser plusieurs IA pour challenger les réponses. Généralement, ce que je vais faire, c'est travailler par exemple un dossier sur ChatGPT. Ce dossier, je vais l'envoyer dans Claude en lui demandant de le challenger. Il va me dire les points positifs, les points à améliorer. Les points à améliorer, je vais les remettre dans ChatGPT pour qu'il me dise si oui ou non ça lui parle. Et en fait, je vois que les intelligences artificielles ont des degrés de réflexion différents selon les thématiques, qu'elles ont des manières de réfléchir aussi un peu différentes. Ça nous permet de garder un petit peu notre libre arbitre, et de voir que même si ce n'est pas une erreur, une intelligence artificielle peut avoir un biais par un manque d'information, ou peut-être avoir trop creusé le côté pour plutôt que le côté contre. Donc ça peut permettre de régler un petit peu tout ça.
Anonymiser, challenger, cadrer
Jimmy
C'est hyper riche ce que tu dis, Ludo. Je vais juste donner quelques références. C'est le film Her, H-E-R, avec Jude Law et la voix de Scarlett Johansson en anglais si je me souviens bien, qui est un film qui doit avoir une dizaine d'années, et dont l'acteur principal tombe amoureux de son IA. Un film formidable, je le recommande, j'avais adoré.
Il y a deux choses que je souhaitais ajouter, tu me diras ce que tu en penses. Un : quand on a des données sensibles, tu dis de faire comparer les IA ; moi je recommande aussi d'anonymiser les données. Ne donnez pas de nom client, mais ne donnez pas non plus l'adresse de votre client, parce que si vous ne donnez pas le nom mais l'adresse, on va retrouver votre client. Si vous devez donner des chiffres, essayez de donner des ratios. Si vous avez un million de chiffre d'affaires, donnez 100 000 de chiffre d'affaires puis faites le ratio par dix. Ça brouille un peu les pistes des IA, déjà parce qu'on ne sait pas comment sont traitées les données.
Et puis il y a un truc que je fais, moi, avec Claude Code, que j'utilise aussi très intensivement. Aujourd'hui, quand je lui parle, je suis plutôt en mode no bullshit. C'est pour ça que je veux tout sourcer, je veux avoir des preuves scientifiques, je fais attention. Et des fois, j'ai envie de faire des trucs un peu plus marketing, tu vois, pour briller un peu en société, me mettre un peu en avant. Claude m'arrête toujours et me dit : attends, je t'arrête là, puisque là tu pars dans le bullshit. Il me le dit deux ou trois fois par semaine, à chaque fois quand je pars en live. Et je crois qu'à force de lui dire « souviens-toi que », il met à jour sa mémoire. À chaque fois qu'il me dit un truc qui me plaît ou qui ne me plaît pas, je lui dis « souviens-toi que », et systématiquement il met à jour sa mémoire. Maintenant, après plus d'un an, un an et demi d'utilisation, j'ai un Claude qui me connaît, malheureusement j'ai envie de dire par cœur, et qui sait exactement mes travers, mes défauts, et là où il a besoin de m'arrêter. Après, comme tu dis, c'est à prendre avec des pincettes.
Ludovic
Oui, je suis totalement d'accord avec ça. D'ailleurs, généralement, pareil, dans les boîtes où je peux aller en formation, on va utiliser une IA open source en local pour justement anonymiser des documents. On peut demain utiliser des IA open source qui vont être sécurisées puisque vous allez les utiliser sur votre machine. Les documents ne sortiront pas de votre machine et ne seront pas partagés avec l'intelligence artificielle sur le cloud. Donc vous pouvez avoir un process où vous mettez un ensemble de documents dans une IA locale, vous lui demandez d'anonymiser ces documents, et elle va les modifier en supprimant les noms, les adresses, les informations clés que vous souhaitez retirer. Après, vous pouvez utiliser ces documents anonymisés dans une IA comme Claude ou ChatGPT sans aucun souci.
Quand l'IA s'entraîne sur elle-même
Jimmy
Alors, on a parlé d'un truc que je n'avais pas prévu dans les questions, mais que j'ai entendu très récemment : les IA copient. Il y a le gros scandale des livres achetés aux États-Unis, parce qu'il y a une zone un peu grise dans la législation. Tu peux scanner un livre, alors je n'ai plus les détails, mais si derrière le livre est supprimé, s'il n'existe plus... Donc en fait, ils achètent les livres, ils les scannent, ils les suppriment, on n'a plus accès à ces livres. Et en même temps, les IA s'inspirent des contenus existants pour s'entraîner.
Mais comme les IA génèrent des contenus elles-mêmes, on l'a vu en introduction... Par exemple, moi j'utilise beaucoup NotebookLM. L'IA génère elle-même un document qu'elle considère comme document source à partir de ses recherches, et s'appuie dessus. Les autres IA vont venir recopier ces documents sources, et à force de copier, on fait du bruit. On arrive à un certain niveau de génération qui brouille les pistes, on commence à faire n'importe quoi. Aujourd'hui, on se rend compte que les IA arrivent très rapidement à ce niveau de bruit, parce qu'elles font de la copie de copie, et que l'IA c'est de la statistique, et que dans la statistique il y a du bruit, et plus tu l'amplifies plus tu as un gros bruit. Donc ce que je trouve à risque aujourd'hui, même au sein des entreprises qui utiliseraient des documents et des notes uniquement internes avec l'IA, c'est qu'en fait elles se mettent à générer des documents sources qui deviennent des documents de référence pour les IA, qui génèrent donc du bruit, et qu'à la fin, au bout d'un entraînement plus ou moins intensif de quelques semaines, on se retrouve quand même avec des informations très fausses. Est-ce que c'est quelque chose que tu as déjà vu, que tu sécurises, et dans ce cas-là, comment tu fais ?
Ludovic
Oui, donc ça, c'est une problématique qui était un petit peu plus importante en 2023, 2025 on va dire. Maintenant, c'est un peu moins le cas quand même. Mais c'est vrai que si on vulgarise au maximum le concept, les modèles de langage sont entraînés sur de vastes corpus de données, et notamment des corpus qu'on va pouvoir récupérer sur Internet. La problématique qu'on a depuis 2023, et ça je l'ai vu pour avoir formé pas mal de monde sur le sujet, c'est qu'il y a beaucoup d'entreprises, beaucoup de personnes au sens large qui automatisent maintenant la création de contenus avec l'intelligence artificielle. On a une IA qui partage des contenus sur les réseaux sociaux, qui partage des contenus sur les sites Internet, et on a les futurs modèles d'intelligence artificielle qui sont entraînés sur ces corpus de données. En gros, on entraîne l'IA sur des contenus qu'elle a elle-même créés. Donc ça, ça peut poser un petit peu des problématiques.
Néanmoins, les acteurs de l'intelligence artificielle travaillent sur ça, et je pense qu'on n'est pas loin d'avoir quelque chose de très solide de ce côté-là : des process qui leur permettent de faire entraîner leurs futurs modèles par les anciens modèles d'intelligence artificielle. Ça va être important pour eux pour éviter les problématiques qu'on vient d'évoquer, et aussi par le fait que maintenant l'intelligence artificielle est quasiment, je pense que c'est même le cas pour beaucoup de gens, plus intelligente que nous. Donc si on souhaite qu'elle évolue, on n'a plus suffisamment de compétences humaines pour pouvoir la faire évoluer au-delà de ce qu'elle sait faire aujourd'hui. Ça, c'est un petit point, mais ça me paraît important.
Après, ce que je recommande vraiment de faire... Tu parlais de NotebookLM à l'instant. Quand vous créez un corpus de données, je vous recommande de l'auditer régulièrement pour vous assurer que vous n'avez pas de problématiques de biais. Quand on va créer un notebook, on va avoir tendance à générer des fichiers sur différentes intelligences artificielles, mettre tout ça dans un notebook, et puis on va demander au notebook de récupérer quelques sources qu'on va mettre à l'intérieur. Puis on a des fichiers de notre côté. On va se construire un corpus de données comme ça, en se disant que plus il y a de documents, meilleur sera notre corpus.
La problématique qu'on a, et on ne va pas le voir en tant qu'utilisateur quand on est dans la configuration de notre dossier de données, c'est qu'on aura forcément des trous dans les données. C'est-à-dire qu'il y aura par exemple un biais : on va avoir trop traité les avantages d'un sujet spécifique et pas assez les inconvénients. Du coup, l'intelligence artificielle va être plutôt pour quelque chose, puisqu'elle a plus de données qu'on lui a partagées qui étaient pour, mais ça ne veut pas dire que finalement le pour l'emporte autant sur le contre. Je ne sais pas si je suis clair, tu pourras préciser si je ne le suis pas.
Ce que je fais, en tout cas, quand j'utilise l'intelligence artificielle, c'est que régulièrement je vais lui demander un petit récap de ce qu'elle a en mémoire, donc un audit de sa mémoire, pour voir un petit peu les informations qu'elle a. Parce qu'il y a des informations qui peuvent être obsolètes aussi. C'est en passe d'être réglé, mais il y a encore jusqu'à il y a quelques semaines, quand vous disiez « je vais à Milan la semaine prochaine » et que vous reposiez la question dans la même discussion à ChatGPT six mois plus tard, il partait du principe que dans une semaine vous partiez toujours à Milan. Maintenant c'est en passe d'être réglé, ils ont intégré les dates, donc ça commence à être mieux géré de ce côté-là.
Mais tout ça pour dire que quand vous parlez à l'intelligence artificielle, notamment en lui disant « souviens-toi », et parfois il n'y a même pas besoin de lui dire, elle va se rappeler quand même des choses par elle-même, elle va garder des informations qui ne sont plus du tout actuelles. Donc faire déjà un audit de la mémoire, ça vous permettra de supprimer les données obsolètes, parce que ces données, forcément, elles biaisent la réponse de l'intelligence artificielle. Et pareil, dans vos corpus de données NotebookLM, si vous utilisez des dossiers de données régulièrement pour travailler avec l'intelligence artificielle, il y a peut-être des données qui sont devenues obsolètes, il y a peut-être des données qui ont été contredites depuis. Donc faire un audit assez régulièrement, peut-être une fois par trimestre, ça vous permet de mettre un peu d'ordre dans vos données, d'effacer les documents qui ne sont plus pertinents et d'en ajouter aussi de nouveaux qui seraient un petit peu plus intéressants pour vous.
Jimmy
C'est très clair, j'espère. Si ce n'est pas clair, posez-nous des questions, mettez-nous des commentaires sur le podcast, on vous répondra, il n'y a pas de souci. On ne va pas rentrer dans le technique. Pour ceux que ça intéresse, je ne sais pas, Ludo, si tu as lu cette information qui date de début juillet, sur le J-Space découvert par Claude, l'espace jacobien, la formule mathématique utilisée pour comprendre ce que l'IA génère au travers de ce qu'on ne lui a pas demandé de faire. Elle a son propre système de mémorisation. Alors on est loin d'une conscientisation de l'IA, ce n'est pas ce qu'on dit, mais si ça vous intéresse, tapez J-Space, en référence à l'espace jacobien, et vous allez voir que l'IA arrive à faire des choses qu'on n'avait pas anticipées, qu'on ne lui avait pas demandé de faire, et qui lui permettent aussi de générer une sorte de mémoire à court terme. Je trouve ça assez passionnant. Je ne sais pas si tu as entendu parler du sujet.
Ludovic
Non, je t'avoue que je n'ai pas vu cette étude spécifiquement. J'ai quand même essayé d'utiliser les vacances pour me couper des intelligences artificielles un minimum, même si je les utilisais tous les jours pour d'autres sujets. En tout cas, sur les actualités, ayant repris il y a quelques heures à peine, cette étude en question, je ne l'ai pas vue, mais j'irai la voir avec plaisir juste après notre échange.
Jimmy
Tu me diras ce que tu en penses, ça marche.
Comment l'IA va évoluer
Jimmy
On arrive à la fin, Ludo, je voudrais juste qu'on parle un peu du futur. C'est assez compliqué, tu l'as dit, ça change tout le temps. Il y a plusieurs écoles. Il y a Philippe Aghion, le prix Nobel d'économie, qui nous dit que l'IA c'est l'avenir, qu'elle va générer plein d'idées, utilisez l'IA parce que ça vous permet de générer plein d'idées. En même temps, on sait qu'utiliser l'IA intensivement pour du brainstorming génère effectivement plus d'idées, mais plus d'idées semblables. Alors que si on met une intelligence collective humaine, on va avoir moins d'idées mais plus de disparité dans les idées. On sort du cadre, on est moins biaisé, on est moins rationalisé vers un seul type d'idées. Donc attention à ce qu'on fait dans la génération d'idées avec l'IA.
Il y a Yann LeCun, le Français qui vient de Meta, qui a soulevé il y a quelques mois un milliard pour tester une nouvelle forme d'IA moins gourmande mais aussi plus consciente de son environnement, c'est-à-dire qu'elle va pouvoir comprendre l'environnement. Comment tu vois l'IA ? J'ai entendu aussi cette semaine que 2026, c'est l'IA open source qui va prendre le relais. On est un peu perdu, moi je suis complètement perdu, je suis complètement dans le FOMO, j'essaie de tout suivre, ça m'intéresse, ça me passionne, et je m'y perds vachement. Toi, tu vois comment l'avenir de l'IA ? Mettons des dates : fin d'année, et 2027.
Ludovic
Fin d'année, ça va être assez facile. On est sur l'ère des agents d'intelligence artificielle, comme je le disais précédemment. Les IA deviennent de plus en plus autonomes, elles accèdent à vos outils du quotidien, à vos données, et peuvent travailler pour vous sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On en est là. C'est ce qui va occuper les cerveaux et les gens jusqu'à la fin de l'année 2026.
Après, pour l'évolution de l'intelligence artificielle, est-ce que ça va être rose, est-ce que ça va être moins rose que ça ? Pour moi, il y a tout un tas de sujets, la réflexion est assez vaste. Si on reprend le fait que l'intelligence artificielle, c'est une super technologie et que oui, il faut l'utiliser parce que ça va nous permettre d'avoir des idées, ça va nous permettre de résoudre des problématiques que l'humanité n'a pas pu résoudre jusqu'à présent, et ça, j'en suis convaincu. Donc tout ça, oui, je suis d'accord avec ça.
Après, il y a aussi pour moi quand même la question de société sur le marché du travail, où on va nous dire que l'intelligence artificielle va créer des emplois même si elle va en détruire. Moi, je suis quand même assez convaincu qu'elle en détruira bien plus qu'elle n'en créera, et que de plus, les emplois qu'elle va détruire seront peut-être des emplois dont les personnes qui les occupent auront du mal à embarquer dans un emploi lié à l'intelligence artificielle, parce que ce n'est pas du tout leur affinité, ce n'est pas leur cœur d'activité, leur domaine de compétences. Donc pour moi, il y a un enjeu là-dessus. Je pense qu'il se passera pas mal de mouvements sociaux, un petit peu comme on avait vu avec les taxis et Uber. Je pense qu'on aura pas mal de choses comme ça sur l'intelligence artificielle, si on parle d'un point de vue société.
Après, d'un point de vue technologie, est-ce qu'on arrivera à une intelligence artificielle qui va comprendre le contexte dans lequel on est et qui va être capable de ressentir un peu les choses, on parle souvent des émotions ? Je pense que oui, on y arrivera. Mais de quelle manière, sous quel délai, ça me paraît assez compliqué à imaginer. En gros, je pense qu'on aura une accélération non pas en 2027, mais plutôt entre 2028 et 2030. Pourquoi ? Parce que vous avez sans doute entendu parler de ça, OpenAI qui a levé 500 milliards de dollars, je crois, il y a quelque temps, pour créer des super data centers. Il y a les puces aussi qui sont en train d'évoluer, qui vont permettre d'entraîner des modèles d'intelligence artificielle plus rapides. Mais pour l'instant, l'évolution de l'intelligence artificielle plafonne aussi parce qu'on manque de ressources informatiques. On parlait des data centers, on parlait des puces pour les entraînements. Donc pour l'instant, on est un petit peu bloqué, je pense qu'on atteint un petit plafond, qui devrait commencer à exploser en 2028 avec les premiers data centers OpenAI qui vont arriver et les innovations sur les puces qui sont en train de se travailler.
Et prévoir ce qui se passera à ce moment-là, ça me paraît assez complexe. Moi, je suis assez convaincu, c'est une théorie parmi tant d'autres, que l'intelligence artificielle, ça va être ce qu'on appelle la singularité, à savoir que ça va être la dernière innovation de l'humanité. Le progrès technologique, c'est l'intelligence artificielle maintenant qui va le mener, sans qu'on puisse peut-être avoir le contrôle suffisant sur les innovations. C'est pour ça qu'il y a une problématique dans l'intelligence artificielle qui a fait peur à pas mal d'acteurs. En 2023, on a vu Elon Musk qui a appelé à une pause dans l'intelligence artificielle, il a été rejoint par pas mal d'entrepreneurs de l'IA à l'époque. Je pense que c'est assez important. Il y a une problématique d'alignement entre les objectifs de l'humanité et ceux de l'intelligence artificielle qui va être à résoudre. Mais en tout cas, oui, on va perdre le contrôle sur l'IA, et oui, l'IA sera à l'origine des futures innovations, et l'humanité aura de moins en moins son mot à dire sur les innovations qu'on verra. C'est un peu comme ça que je vois les choses. Maintenant, comment vont se matérialiser les choses, c'est peut-être un peu plus complexe, mais voilà grosso modo ma vision, même si ça reste un peu brouillon et que je réfléchis en même temps que je te parle.
Ce que ça coûte, et ce que ça peut rapporter
Jimmy
Oui, bien sûr. Une autre note positive quand même, je voudrais mentionner IKEA, tu as peut-être vu passer ça cette année, qui a intégré son agent, un agent Billie. Avec cet agent Billie, ils répondent à quasiment 50 %, un peu moins de 50 %, des demandes clients par le chatbot. Ils avaient deux solutions qui s'offraient à eux : licencier les gens à hauteur de 50 %, ce qui leur aurait rapporté 1,3 million d'euros quand même, ce qui n'est pas négligeable, ou implémenter Billie et réutiliser les compétences de ces personnes-là, leur temps disponible, pour faire de l'accompagnement sur la décoration individuelle de maison. Ils ont une raison d'être qui est très claire chez IKEA, ils ont des valeurs qu'ils assument et qu'ils incarnent réellement, et ils ont conservé 100 % des emplois pour générer 130 millions d'euros de chiffre d'affaires, on est sur un ratio fois cent. Ils ont utilisé leur raison d'être et leurs valeurs pour pouvoir utiliser l'augmentation de l'IA sur ces gens. Au lieu de faire une économie de 1,3 million, ils ont fait un gain supplémentaire, à un ratio de fois cent.
Je trouve ça juste, dans les perceptions qu'on peut avoir sur l'IA, on parle beaucoup de licenciement. Moi je l'ai vu dans l'industrie dans laquelle j'étais, j'ai senti que les gens voyaient l'IA comme un moyen de licencier des gens. Je veux juste rappeler que l'IA c'est aussi un moyen de s'augmenter, de faire des choses qu'on n'avait pas l'habitude de faire avant, et que potentiellement, si on est clair avec ses valeurs et sa raison d'être, on peut bien performer.
Je voudrais ajouter un point, Ludo, qu'on n'a pas mentionné : c'est le coût de l'IA. Il y a le coût environnemental et écologique, on ne va pas en parler. Le coût sociétal, on ne va pas en parler non plus, puisque je vais essayer de l'aborder avec d'autres personnes sur le podcast, des sociologues, des philosophes. Mais je voudrais juste parler du coût en euros. Parce qu'aujourd'hui il y a des abonnements à 20 euros, il y en a à 100, il y en a à 200. Et quand on est une entreprise, on ne va pas prendre un abonnement individuel, on va aller prendre ce qu'on appelle les abonnements qui sont connectés à l'API à distance. Donc on va consommer des tokens et on va payer des tokens. Si on fait travailler sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre des agents IA... Peut-être que tu voudras dire aussi un mot de ce que c'est qu'un agent IA, et de ce que c'est que la boucle qu'on va voir arriver cette année, pour que l'IA puisse travailler seule comme on le dit. Combien ça va coûter, tout ça ? Moi j'ai vu des chiffres faramineux, j'ai vu des entreprises avec des factures à un demi-million par mois parce qu'elles n'avaient pas verrouillé leur IA. Alors, c'est quoi un agent ? Qu'est-ce qui se passe avec ces agents qui bossent tout seuls ? Et puis combien ça coûte ?
Ludovic
Alors, un agent d'intelligence artificielle, ça va être le modèle d'IA, ChatGPT, Claude, peu importe celui que vous utilisez, que vous allez paramétrer pour qu'il puisse exécuter des tâches précises, en accédant ou non à des outils, à des données, à des fichiers que vous pourriez lui partager. Le mieux, c'est que je donne l'exemple concret de ce que moi je peux faire au quotidien. Je le disais précédemment, j'ai un agent d'intelligence artificielle que j'ai baptisé Sven, et que j'ai matérialisé, pardonne-moi, avec un petit robot. Donc je peux lui parler, je peux interagir avec. Là, je suis quand même allé assez loin dans le process. Mon agent d'IA, qui tourne sous Claude, va checker régulièrement mes e-mails, va faire une première passe dans mes e-mails et répondre à toutes les problématiques un petit peu de relation client que je peux avoir, à toutes les questions simples qu'on me pose régulièrement, sans que moi j'aie à intervenir. Donc ça, c'est un agent d'intelligence artificielle qui va gérer ma partie e-mail. J'ai aussi cet agent qui va interagir sur mes réseaux sociaux et qui va notamment faire de la modération sur ma communauté. J'ai une communauté IA privée, donc il va répondre à certaines questions, il va regarder un petit peu ce qui se passe dans les messages privés. Bref, il va interagir avec la communauté assez régulièrement.
Un agent d'IA, c'est quoi derrière la façade ? Ça va être le modèle d'intelligence artificielle qui va avoir une mémoire avec vos paramétrages, les instructions que vous lui avez partagées, le process que vous souhaitez qu'il mène, et aussi toutes les compétences que vous allez lui attribuer. Dans les compétences, on va retrouver les fichiers, les données, on va retrouver les outils, on va retrouver aussi les actions qu'il peut mener concrètement. C'est ce qu'on appelle, pour les personnes qui utilisent déjà l'intelligence artificielle, les connecteurs pour les outils et les skills pour les process d'exécution de tâches. Donc un agent d'IA, grosso modo, c'est un modèle d'intelligence artificielle, c'est une mémoire, c'est des compétences et des outils.
Maintenant, comme tu le disais à l'instant, quand on utilise les agents d'intelligence artificielle, on va généralement sortir de notre abonnement. C'est-à-dire qu'on va utiliser plutôt l'intelligence artificielle sous forme de tokens, et donc on va devoir payer à l'utilisation de ces tokens. Là, c'est vrai que la facture peut monter très, très vite. Néanmoins, pour un usage TPE, PME, même ETI, si on ne parle pas de développement, parce qu'évidemment développer des applications c'est beaucoup plus consommateur en tokens, mais si on parle de tâches administratives qu'on délègue automatiquement à l'intelligence artificielle, ça vous coûtera peut-être une centaine de dollars par mois pour débuter, ce sera largement suffisant. Moi, j'ai dépensé, là sur le mois glissant, parce que je faisais un peu de comptage justement hier, je crois que je n'ai même pas dépensé trois dollars pour mes agents d'intelligence artificielle. Donc en vrai, le coût reste dérisoire.
Néanmoins, c'est quand même assez important d'aller dans vos paramètres et de définir des limites d'utilisation. Vous avez la possibilité de définir le budget que vous souhaitez dépenser de manière mensuelle. Vous pouvez aussi mettre une alerte pour être informé par e-mail quand vous atteignez 80 % de ce quota. Comme ça, vous êtes sûr. Et je vous recommande, même si les acteurs de l'intelligence artificielle essaient de vous inciter à le faire, de ne pas activer l'option « recharger automatiquement ». Parce qu'effectivement, si vous rechargez vos crédits automatiquement...
Jimmy
C'est sans fin.
Ludovic
C'est sans fin, et vous pouvez être débordé sans que vous vous en rendiez compte. Parce que si votre agent d'IA est mal paramétré, on l'a un peu dit tout à l'heure, un agent d'IA c'est un ChatGPT qui a de l'autonomie, et qui dit autonomie dit « je peux prendre des initiatives ». Si vous n'avez pas un process clair, c'est possible que l'intelligence artificielle prenne des initiatives pour des choses que vous ne lui avez pas demandées, et donc qu'elle dépense des tokens que vous n'auriez pas dépensés vous-même en paramétrant bien les choses. Donc ça, c'est important.
Jimmy
Ouais, c'est très important. Perso, j'ai grillé 80 balles en deux jours quand j'ai fait mes essais d'API. J'avais un agent, j'ai voulu tester la boucle. La boucle, c'est : je donne des tâches à d'autres agents, je récupère les tâches, je les analyse, si ça ne va pas je renvoie. J'avais un agent qui avait sept sous-agents, et qui faisaient donc des allers-retours sur le développement d'une application. J'ai cramé mon quota, pardon, de la semaine, et j'ai cramé en plus 80 balles. Ce qui fait à peu près, avec la semaine, plus de 120 euros, en deux jours, juste pour tester le truc. Mais en tout cas j'ai appris beaucoup, j'ai appris comment ça fonctionnait. On pourrait encore faire un épisode rien que sur l'agentique, je pense que ce serait tout aussi passionnant.
Le mot de la fin
Jimmy
Mais on arrive à la fin, ça fait un peu plus d'une heure qu'on discute, Ludo, et je te remercie, c'était extrêmement riche. J'espère qu'on n'a pas été trop rapides sur les sujets. Est-ce qu'il y a un sujet dont on n'a pas parlé qui te tient à cœur, ou un truc que tu voudrais compléter avant qu'on conclue le podcast ?
Ludovic
Non, je pense qu'on a abordé tout un tas de sujets, et c'est vrai que je parle beaucoup quand on m'invite sur les podcasts. Désolé pour nos auditeurs si je suis allé un peu trop loin parfois, mais je pense que si vous êtes encore là, c'est que c'était intéressant. En tout cas, moi j'ai apprécié l'échange.
La seule chose que je souhaitais dire pour conclure, c'est : allez-y. Si vous n'y êtes pas encore, allez-y. Prenez après cet épisode une intelligence artificielle, ChatGPT, Claude ou Gemini. Commencez d'une manière très simple à lui décrire votre activité, vos tâches quotidiennes, et demandez-lui comment il peut vous aider, en assistant d'IA. Il vous donnera des tâches que vous pouvez lui déléguer. Choisissez-en une, vous la déléguez à l'IA, vous verrez les résultats. Et le fait de générer un bénéfice un peu immédiat, ça va vous convaincre d'entrer comme ça dans le monde de l'intelligence artificielle.
Et vous verrez, très honnêtement, ça je le vois vraiment dans toutes les entreprises dans lesquelles je suis passé, je le vois même moi au quotidien : aujourd'hui, je ne sais même pas comment on faisait sans l'intelligence artificielle. Quand je vois le volume de travail que j'arrive à abattre grâce à l'intelligence artificielle, quand je vois le niveau de qualité que j'ai pu atteindre grâce à elle et que je n'aurais jamais pu atteindre humainement, c'est quand même assez incroyable. Donc il y a des inconvénients, évidemment, mais vous les découvrirez en apprenant sur le terrain.
Allez-y, en tout cas, parce que, que vous le souhaitiez ou non... Ne faites pas un peu l'erreur des entreprises du début des années 2000 qui pensaient qu'Internet c'était une mode, qu'on ne vendrait jamais sur Internet, qu'on n'enverrait jamais d'e-mails, et qui continuent encore aujourd'hui, en 2026, à essayer de rattraper un retard qu'elles ne rattraperont jamais parce que c'est trop tard. Avec l'IA, ça va encore plus vite, et si vous loupez le train, ça risque d'être compliqué pour l'avenir. Il y a de véritables enjeux d'employabilité derrière tout ça. Donc voilà : allez-y, testez, et vous verrez. Vous évoluerez assez rapidement.
Jimmy
Très clair, merci Ludo. Si on souhaite te retrouver, il y a plusieurs médias. Il y a LinkedIn, on peut te suivre, il y a ta chaîne YouTube, Ludo Salenne.
Ludovic
Oui, donc sur LinkedIn, Ludovic Salenne, vous allez me retrouver assez facilement. Je partage régulièrement de la veille et pas mal d'astuces. Et j'ai ma chaîne, Ludo Salenne, comme tu le disais précédemment, un petit peu plus de 260 000 abonnés, que j'ai mise un peu en pause pendant l'été mais que je vais reprendre activement. Vous avez déjà quasiment 500 tutos pour utiliser l'intelligence artificielle de manière sécurisée, de manière efficace. Vous avez des tutos pour rédiger vos premiers prompts, pour commencer à automatiser les choses, pour utiliser les agents d'IA. Voilà, ce sont deux bons points de départ en tout cas, et vous allez me retrouver là-bas.
Jimmy
Ton site Internet aussi, je mettrai tout ça dans les liens de la description de l'épisode. Ton site Internet qui propose des formations de qualité. Vraiment bravo, Ludo, j'ai beaucoup aimé, je pense que c'est vraiment une bonne porte d'entrée, c'est ludique, c'est simple, c'est accessible, on applique dès le lundi matin au bureau. Moi, ça me plaît beaucoup. En tout cas, merci pour ton temps, c'était passionnant, Ludo, et je suis tes vidéos avec grand intérêt.
Ludovic
Merci beaucoup, Jimmy, pour l'invitation et l'échange passionnant.
Jimmy
À très vite, à bientôt, salut Ludo !
Ludovic
Salut !
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Rejoindre la communautéSources et références
- Liu, Christian, Dumbalska, Bakker, Dubey, AI Assistance Reduces Persistence and Hurts Independent Performance, arXiv 2604.04721 (2026)
- Cheng, Lee, Khadpe, Yu, Han, Jurafsky, Sycophantic AI decreases prosocial intentions and promotes dependence, Science, vol. 391, eaec8352 (2026)
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Rubrique : Le futur du travail
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