Bernard Anselem exerce pendant trente ans comme médecin spécialiste en imagerie médicale, avant de se tourner, dans les années 2000, vers la recherche en neuropsychologie, portée par l'essor de la neuroimagerie fonctionnelle. Titulaire d'un master 2 de recherche en neuropsychologie et d'un certificat de Science of Happiness de l'université de Berkeley, il consacre depuis sa carrière à rendre accessibles des connaissances qu'il juge trop peu partagées, sur la prise de décision, l'intelligence émotionnelle et la gestion de l'épuisement.
Le cerveau ne se développe qu'en présence des autres
Sa conviction centrale, développée notamment dans son livre « Les talents cachés de votre cerveau au travail » (Eyrolles, 2019, coécrit avec Emmanuelle Joseph-Dailly), tient en une phrase : certains circuits du cerveau ne se développent qu'au contact d'autrui, et dépérissent dans l'isolement. Il rappelle que l'espèce humaine n'a pas dominé la planète par sa force physique mais par sa capacité à se regrouper, preuve selon lui que le lien social n'a jamais été un supplément d'âme mais une nécessité vitale.
Ce que Google a découvert en cherchant ailleurs
Bernard Anselem s'appuie sur l'étude du projet Aristotle de Google, qui a d'abord échoué à isoler les facteurs de performance d'une équipe en épluchant diplômes, formations et compositions d'équipe, avant de trouver la réponse ailleurs : la sécurité psychologique, cette capacité à émettre une idée sans craindre d'être jugé. Sans elle, explique-t-il, le cerveau bascule en mode défense et cesse d'être créatif, l'un et l'autre étant, selon lui, rarement compatibles. Il relie aussi le manque de reconnaissance à un besoin qui ne se rassasie jamais vraiment, et à des malentendus de couloir capables, à eux seuls, d'installer un conflit durable.