Cyril Marie est entrepreneur depuis plus de vingt ans dans la communication digitale et le marketing, fondateur d'Inspire Studio, une entreprise française. Il a construit avec les fondateurs québécois de Happy Culture, Martin Delarosbil et Pier-Luc Bordeleau, un partenariat pour adapter leur méthode aux entreprises françaises et suisses.
Le jour où toute une équipe l'a détesté
Cyril Marie ne raconte pas son parcours en le lissant. Après dix-sept ou dix-huit ans à la tête de son entreprise, il découvre un matin que l'ensemble de ses employés, plus d'une vingtaine de personnes, ne veut plus le suivre. Il met du temps à comprendre que ce n'est pas un problème de compétence ou de vision, mais d'adhésion, quelque chose qui se gagne et ne s'achète jamais avec un salaire ou des artifices. La seule issue a été de partir. C'est cette expérience qui nourrit aujourd'hui sa conviction centrale : la culture d'entreprise fonctionne comme une copropriété, jamais comme une propriété individuelle, et elle s'abîme souvent sans que personne ne s'en rende compte.
L'image du ruban de scotch
Pour expliquer aux managers l'impact de leurs gestes du quotidien, Cyril Marie utilise une métaphore qu'il répète volontiers en formation : un nouveau collaborateur arrive avec un ruban de scotch imaginaire, dont chaque mètre représente sa projection dans l'entreprise. Un regard fuyant, un bonjour oublié, une mauvaise humeur non expliquée, chacun de ces petits gestes est un coup de ciseau dans ce ruban. Au bout de quelques semaines, la personne qui pensait rester deux ans ne s'en projette plus que pour cinq mois. Une manière concrète de rappeler que chaque manager tient, sans toujours le savoir, les ciseaux qui raccourcissent ou prolongent l'envie de rester de son équipe.