Diplômé de l'École supérieure de chimie, physique et électronique de Lyon en 1994, Laurent de la Clergerie crée en 1997, à 26 ans, le site LDLC.com pour apprendre à faire du web, avant d'ouvrir une première boutique à Lyon. Trente ans plus tard, LDLC est devenu un groupe de près de mille collaborateurs et plusieurs centaines de millions d'euros de chiffre d'affaires.
D'une hiérarchie sans hiérarchie à un mode très directif
L'entreprise a d'abord grandi dans un mode très informel, sans comité de direction ni salle de réunion, jusqu'à ce qu'une crise logistique manque de la couler en 2005. Laurent de la Clergerie bascule alors à l'inverse, vers une structure hiérarchique classique, direction, directeurs de pôle, chefs d'équipe, qu'il maintiendra une dizaine d'années. C'est la lecture du livre d'Alexandre Gérard, « Le chef qui ne voulait plus être chef », qui le pousse à amorcer un nouveau virage, cette fois vers la confiance et l'accompagnement.
Un an de coaching pour chaque directeur
Le changement ne se décrète pas du jour au lendemain : chaque directeur bénéficie d'un an de coaching individuel pour apprendre à devenir accompagnant plutôt que contrôlant. Laurent de la Clergerie résume la transition par une conviction simple : le jour où un manager ne sert plus à trancher systématiquement, il devient le référent vers qui l'équipe se tourne quand elle a besoin d'aide, à condition d'avoir gagné sa confiance.
La semaine de 4 jours, née d'un article sur Microsoft Japon
En janvier 2021, inspiré par un article sur une expérimentation menée chez Microsoft au Japon, Laurent de la Clergerie fait passer l'ensemble des salariés de LDLC à la semaine de 4 jours, payée 5 jours, sans en avoir préalablement demandé l'avis à personne. Il raconte volontiers qu'à son retour de trois semaines de vacances complètes, sans connexion à ses mails, il a découvert que l'entreprise avait tourné exactement comme d'habitude en son absence, la meilleure preuve selon lui que la confiance qu'il avait installée fonctionnait vraiment.