Nolwenn Bernache-Assollant est paléoanthropologue de formation, devenue coach en leadership après avoir travaillé en archéologie antique puis préhistorique au Muséum d'histoire naturelle. Depuis plus de quinze ans, elle applique ce qu'elle appelle les leçons de l'Histoire au management, et a accompagné plus d'un millier de managers en France.
Le sentiment de faire de la figuration
Sa thèse centrale : un collaborateur reste engagé quand son histoire personnelle vient s'accrocher, à un moment donné, au récit de l'entreprise, un peu comme un personnage secondaire qui entre dans l'intrigue principale d'un film. Quand ce raccrochage n'a jamais lieu, elle observe l'apparition d'un sentiment très précis, celui de faire de la figuration, d'être la cinquième roue du carrosse. Un sentiment qui, selon elle, démobilise plus sûrement qu'un désaccord sur les objectifs.
La phalange grecque plutôt que le héros solitaire
Nolwenn Bernache-Assollant utilise volontiers un atelier inspiré de l'Antiquité grecque pour parler d'engagement collectif. Avant les hoplites, les cités grecques valorisaient le héros solitaire, capable à lui seul de faire basculer une bataille. Puis les cités ont aligné leurs soldats en phalange, chaque bouclier protégeant à la fois son porteur et son voisin. Si un seul hoplite fuyait, il exposait tout le rang. Elle y voit l'origine du fonctionnement démocratique des cités, et une métaphore directe de ce qui tient un collectif de travail : chacun protège une partie de soi et une partie de l'autre.
Réconcilier plutôt que gérer les conflits
Elle refuse par ailleurs de travailler la gestion des conflits, une expression qu'elle juge trompeuse, et préfère poser les conditions de la réconciliation. Pour elle, une équipe ne devient réellement une équipe qu'après avoir traversé un premier conflit et l'avoir réconcilié. Sans friction, dit-elle, on resterait un monde d'insectes sociaux, parfaitement organisé mais incapable d'évoluer.