Olivier Margerand fonde Digital Collab en 2011, avec une conviction qui va à contre-courant du discours ambiant sur la transformation numérique. Pour lui, la digitalisation, telle qu'on la vend le plus souvent, sert d'abord à vendre des outils. Elle prend un problème et le rend numérique, sans jamais se demander si le problème valait la peine d'être digitalisé.
Chez Digital Collab, on préfère donc parler de simplification digitale. La logique s'inverse : on identifie d'abord ce qu'on veut alléger dans le travail d'une équipe, et seulement ensuite on choisit l'outil, s'il y en a besoin. Cette rigueur a produit un résultat qu'Olivier Margerand aime raconter : en 2013, deux ans après la création de l'entreprise, l'équipe s'est rendu compte qu'elle n'envoyait quasiment plus de mails en interne. Personne n'avait décrété la fin du mail. C'était devenu, à force de simplifications successives, la conséquence logique d'un mode de travail repensé.
La règle des trois outils de l'île déserte
Pour trancher dans la surenchère d'applications, Olivier Margerand a formalisé une méthode simple qu'il enseigne aux entreprises qu'il accompagne : s'imaginer sur une île déserte et se demander quels sont les trois outils qu'on garderait pour tout faire ensemble. Un pour la discussion écrite, un pour la visio, un pour la coproduction. Le reste n'est souvent que du bruit qui complique ce qu'on cherchait à simplifier.
L'humain d'abord, la technologie ensuite
Ce qui distingue Olivier Margerand, c'est son insistance sur le fait qu'un outil n'est jamais neutre : il amplifie ce qui existe déjà dans une équipe, en bien comme en mal. Il raconte volontiers l'histoire d'une collaboratrice plus âgée que ses collègues, dépassée par une vague de nouveaux outils, et qui a fini par se sentir inutile alors que sa vraie valeur pour l'équipe, prendre soin des autres, organiser les moments de convivialité, n'avait rien à voir avec le numérique. Une histoire qui résume sa position : la technologie doit servir l'intelligence collaborative, jamais l'inverse.