Thierry Willième découpe sa carrière en trois mi-temps. La première, sous le signe de l'apprentissage, le mène à l'ESCP Business School Paris. La seconde, celle du service, commence dans les années 80 comme commercial chez IBM et le conduit jusqu'à la présidence puis la direction générale d'IBM Financement Belgique. La troisième, qu'il vit aujourd'hui, est celle de la transmission.
En 2006, il fonde Wisdom Paris, inspiré par le mouvement américain Wisdom 2.0 de San Francisco, pour montrer que ce que les Américains appellent la sagesse au travail, et que lui préfère nommer bienveillance, est un facteur de performance mesurable et non un supplément d'âme facultatif.
Un livre gratuit, écrit à plusieurs pendant les confinements
Coauteur du livre « La Juste Bienveillance », disponible gratuitement, Thierry Willième y défend une thèse simple mais rarement appliquée : la bienveillance sans exigence ne produit rien de durable, et l'exigence sans bienveillance s'effondre à la première difficulté. Le livre, qui a demandé plus d'un millier d'heures de travail à ses auteurs pendant les confinements, s'ouvre et se referme sur un sujet qui a d'abord surpris ses lecteurs : l'intelligence artificielle. Thierry Willième y voit une chance plutôt qu'une menace, persuadé que plus les tâches cognitives basculeront vers les machines, plus la relation humaine, l'écoute, l'accompagnement, redeviendront centrales dans le travail du manager.
Une conviction empruntée à Rousseau
Ancien dirigeant devenu conférencier, il intervient régulièrement dans les entreprises et les écoles pour transmettre ce qu'il a mis des années à formuler : la bienveillance ne se décrète pas, elle se construit par des actes et des conditions. Il aime conclure ses interventions par une phrase de Rousseau, qui résume assez bien sa position sur le monde du travail : il vaut mieux être un homme à paradoxe qu'un homme à préjugé.