Thierry Willième aime à dire que la vie est pour lui une valse à trois temps : apprendre, servir et transmettre.
Apprendre
Le premier temps, celui de l'apprentissage, comprend l'enfance et les écoles, petites et grandes.
Servir
Le second, celui du service, commence en 1985 comme ingénieur commercial chez IBM et le conduit jusqu'à la fonction de PDG d'IBM Financement en France, Belgique et Luxembourg. Il reprend ensuite GE Factofrance, et lui sont confiés GE Équipement Finance et GE Fleet Services ; il y ajoute GE Corporate Finance Bank, qu'il crée pour l'ensemble de l'Europe. Il sert aussi comme vice-président de l'Association française des sociétés financières.
Transmettre
Le troisième temps, qu'il s'amuse à nommer « troisième mi-temps », est celui de la transmission. En 2014, il fonde Wisdom Paris, inspiré par le mouvement américain Wisdom 2.0 de San Francisco. À ce sujet, il aime citer T. S. Eliot : « Où est passée la sagesse que l'on a perdue dans la connaissance ? Où est passée la connaissance que l'on a perdue dans l'information ? » Il s'efforce de montrer qu'une forme de sagesse en entreprise est un gage, au-delà d'un supplément d'âme, de performance durable.
Il a participé à deux TEDx et donne de nombreuses conférences sur ce thème, ainsi que sur la diversité et ses bienfaits, les facteurs d'innovation, la coopération et surtout la bienveillance.
Un livre gratuit, écrit à plusieurs pendant les confinements
Pendant le confinement, il a écrit à plusieurs mains « La Juste Bienveillance — pour une entreprise alignée et performante », disponible gratuitement, dans lequel il défend une thèse simple mais rarement appliquée : la bienveillance sans exigence ne produit rien de durable, et l'exigence sans bienveillance s'effondre rapidement. Le livre, qui a demandé plus d'un millier d'heures de travail à ses auteurs pendant les confinements, s'ouvre et se referme sur un sujet qui a d'abord surpris ses lecteurs : l'intelligence artificielle. Thierry Willième y voit une chance plutôt qu'une menace, persuadé que plus les tâches cognitives basculeront vers les machines, plus la relation humaine, l'écoute, l'accompagnement, les intelligences émotionnelles, intuitives et spirituelles redeviendront centrales dans le travail.
Deux phrases pour conclure
En plus de ses conférences en entreprise, il intervient régulièrement dans les écoles pour transmettre ce qu'il a mis des années à formuler : la bienveillance ne se décrète pas, elle se construit par des actes et des petits pas. Il aime conclure ses interventions par des phrases qui résument assez bien sa position sur le monde du travail, comme celle d'Albert Schweitzer, « ce n'est pas le succès qui fait le bonheur mais le bonheur qui fait le succès », ou celle de Rousseau, « il vaut mieux être un homme à paradoxe qu'un homme à préjugé ».