Sébastien Dieulouard est médecin de formation, diplômé d'un doctorat de médecine générale à Lille, avant de se spécialiser en hypnose ericksonienne à l'Institut de médecine psychosomatique, d'hypnose clinique et de thérapie brève de Paris, puis d'un diplôme universitaire à Paris VI. Issu d'une famille de médecins, il découvre à la fin de ses six années d'études qu'aucune formation ne traite de l'hypnose, alors même que son efficacité est scientifiquement documentée. Il considère cette lacune inacceptable et décide d'aller la combler lui-même. Il exerce aujourd'hui l'hypnose médicale, notamment auprès de personnes souffrant de maladies psychosomatiques, et a fondé Open Hypnosis.
Un état que tout le monde connaît déjà
Sébastien Dieulouard écarte d'emblée l'image du pendule et des paupières lourdes. Pour lui, l'hypnose est un état physiologique banal, que chacun expérimente déjà en étant absorbé par un film ou par une histoire racontée à un enfant le soir. Ce qui distingue une séance, c'est l'usage volontaire de ce que ces expériences produisent naturellement.
Ne pensez pas à un éléphant
Il construit une grande partie de son approche autour du langage. Le cerveau, explique-t-il, ne traite pas la négation : dire à quelqu'un de ne plus stresser active justement le mot stress. Il illustre cette idée avec un exemple qu'il répète volontiers en formation, celui de l'éléphant qu'on demande de ne pas imaginer, et qu'on imagine aussitôt. Il en tire une règle très concrète pour les managers : reformuler une consigne en positif, « arrive à l'heure » plutôt que « arrête d'être en retard », change la façon dont le cerveau du collaborateur la reçoit. Il applique la même logique aux émotions, qu'il invite à observer avant de chercher à les faire taire, et à la visualisation, qu'il distingue nettement des simples affirmations positives répétées sans y croire.