La Juste Performance

27 octobre 2022 · 47 min · Entretien

Manager son manager : la relation n'est jamais à sens unique (avec Ludovic Girodon)

Votre manager décale le point hebdomadaire pour la troisième fois. Manager son manager paraît alors une idée saugrenue : c'est à lui de faire l'effort, pas à vous. Sauf qu'une relation de travail se construit à deux, et que le collaborateur dispose de leviers concrets sur elle, rarement nommés et jamais enseignés.

Portrait de Ludovic Girodon

Avec

Ludovic Girodon

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Ce que vous allez comprendre

  • Pourquoi la relation se dégrade quand un seul des deux l'entretient
  • Pourquoi la reconnaissance manque autant aux managers qu'à leurs équipes
  • Ce que change le fait de connaître les contraintes de temps de son responsable
  • Pourquoi deux personnes d'une même équipe n'ont pas le même besoin prioritaire
  • Ce qu'un feedback ritualisé obtient qu'un feedback spontané n'obtient jamais

À propos de Ludovic Girodon

Ludovic Girodon publie en 2019, en autoédition, « Dream Team », un livre construit à partir d'entretiens menés avec plus de 400 managers, dirigeants et fondateurs. Vendu à plus de 40 000 exemplaires, il devient l'un des ouvrages de management français les plus lus, et donne naissance à la Dream Team Academy, dédiée à la formation des managers.

L'acronyme DREAM

Il résume les cinq besoins fondamentaux d'une équipe engagée dans l'acronyme DREAM : Direction, Reconnaissance, Environnement social, Autonomie, Montée en compétence. Sur le recrutement, qu'il considère comme le tout premier acte managérial avant même l'animation d'équipe, il défend l'idée qu'il vaut mieux ne pas recruter que d'engager la mauvaise personne, et recommande un processus qui ne dépasse pas trois semaines.

Manager son manager

Ludovic Girodon défend une idée qui sort du cadre habituel : la relation entre un collaborateur et son manager ne va jamais à sens unique. Il observe que les managers manquent eux aussi cruellement de reconnaissance, et pose une question simple à ceux qui se plaignent de ne jamais être remerciés : à quand remonte la dernière fois où ils ont eux-mêmes remercié leur propre responsable. Pour lui, le courage managérial n'a de sens que s'il s'accompagne d'un courage symétrique du côté du collaborateur.

Le feedback comme rituel, pas comme corvée

Il défend le feedback ritualisé plutôt que spontané, seul moyen selon lui de dépasser les deux freins habituels, le manque de temps et la peur de mal s'y prendre. Il propose notamment le feedback à 360 degrés lors de l'entretien annuel, construit autour de questions résolument positives, sur les forces plutôt que sur les seuls axes d'amélioration, pour que chacun reparte avec de quoi faire encore mieux plutôt qu'avec la peur d'avoir raté quelque chose.

Le saviez-vous

Le saviez-vous ?

Ludovic Girodon a interrogé plus de 400 managers, dirigeants et fondateurs pour écrire « Dream Team », publié en autoédition en 2019. Le livre s'est depuis vendu à plus de 40 000 exemplaires.

Le saviez-vous ?

Ludovic Girodon pose souvent la même question aux collaborateurs qui se plaignent de ne jamais être remerciés par leur manager : à quand remonte la dernière fois où ils l'ont eux-mêmes remercié ? La réponse, dit-il, est rarement précise.

Transcription de l'épisode

Générique d'ouverture

Jimmy Materne

Bonjour et bienvenue sur le podcast du Petit Manager, le podcast qui aide à comprendre le management et les organisations dans notre monde VUCA. Je suis Jimmy Materne et chaque semaine, avec mes invités, j'aborde une thématique qui permet d'avoir une approche humaine et organisationnelle en phase avec notre époque. Car il est temps de prendre conscience que beaucoup de ces pratiques anciennes sont obsolètes, voire contre-productives.

Et avant de commencer ce podcast, j'aurais une petite faveur à vous demander : c'est bien évidemment d'aller lui mettre les fameuses 5 étoiles, voire un commentaire, afin de contribuer à son développement et ainsi le rendre plus visible. Eh oui, bienvenue dans un monde où tout doit être noté. Alors je compte sur vous, et je vous souhaite une bonne écoute.

Lancement de la saison 3

Et ça y est, on y est les amis : la saison 3 du podcast Le Petit Manager reprend, et il était temps.

En tout cas, pas vous, mais moi, je ne me suis pas ennuyé pendant cette interlude, pendant cette pause. Mais en tout cas, les échanges que j'ai pu avoir avec les invités, les débats, les discussions qu'on pouvait aussi avoir parfois ensemble m'ont bien manqué, et je suis bien content de reprendre. Alors, pour démarrer la saison 3, j'ai la chance d'avoir comme invité Ludovic Girodon. Ludovic accompagne aujourd'hui les entreprises dans leur transformation afin de construire leurs équipes. Il en a même fait un livre qui s'appelle Dream Team, que je vous recommande chaudement.

On aborde dans cette discussion pas mal de sujets autour du management, et de ce que devrait être le management aujourd'hui, ce qui n'est malheureusement pas encore le cas dans beaucoup, beaucoup d'endroits.

Alors Ludovic nous donne de précieux conseils. Il nous explique comment on peut arriver à mettre en place des choses dans notre façon de manager, comment on peut faire en sorte que notre équipe collabore réellement ensemble et qu'elle trouve une façon de collaborer avant de devoir respecter les règles managériales.

Alors si vous aussi, vous souhaitez faire partie d'une équipe de rêve, et pourquoi pas avoir la chance d'en construire une, telle que l'équipe de basketball de Michael Jordan, d'où la référence à Dream Team, eh bien ce podcast devrait vous amener et vous aider à arriver à cet objectif.

En tout cas, moi, je me suis régalé de cette interview avec Ludovic. C'était vraiment génial. Je suis hyper heureux de lancer une nouvelle saison du podcast du Petit Manager, et je vous remercie infiniment, car c'est grâce à vous que le Petit Manager existe : grâce à vos mots d'encouragement, de soutien, grâce à la diffusion et le partage que vous pouvez en faire, grâce également à mes invités qui prennent de leur temps et qui sont toujours très bienveillants envers mes questions. Alors pour tout ça, je vous dis mille mercis, et je vous souhaite une excellente écoute.

Ouverture de l'entretien

Jimmy

Salut Ludovic.

Ludovic Girodon

Salut Jimmy.

Jimmy

Merci d'être avec nous pour le podcast du Petit Manager. [passage confus dans la source, voir point à vérifier n°1] Comment ça va aujourd'hui ?

Ludovic

Écoute, ça va très bien. Juste un Covid cette saison, depuis deux ans et demi maintenant, donc il va falloir, j'ai l'impression, vivre avec. Mais à part ça, le moral est bon.

Jimmy

Il va falloir s'habituer. [fragment incertain, voir point à vérifier n°1] Pas trop mal, plutôt en forme, on va essayer de te ménager dans les questions aujourd'hui.

Ludovic

C'est sympa.

Jimmy

Ludovic, déjà, comme je l'ai dit en introduction, tu es l'auteur d'un livre qu'on va aller un peu plus dans le détail aujourd'hui dans l'interview. Mais pourquoi tu l'as écrit, ce livre ?

Ludovic

C'est une bonne question. Il y a plusieurs raisons qui m'ont poussé à l'écrire. La première, c'est que c'est un sujet qui m'a toujours interpellé, le management. Et c'est un sujet sur lequel j'ai beaucoup galéré dans mes premiers pas de manager, et au-delà. Donc, moi, quand il y a un sujet que j'estime suffisamment stratégique, mais sur lequel je ne me sens pas suffisamment bon, j'ai toujours pris l'habitude d'aller à la rencontre de personnes qui faisaient mieux que moi. Donc la démarche a, entre autres, commencé comme ça. Et puis ça a aussi commencé parce que j'ai eu la chance dans mon parcours d'être au contact de beaucoup d'entrepreneurs, à l'origine, qui avaient des visions pour certains très puissantes, très fortes sur les sujets humains. Et donc j'ai eu la chance de pouvoir les rencontrer assez facilement, et donc ça a confirmé mon goût pour ces sujets et la possibilité pour moi, en fait, d'aller capter pas mal de matières pertinentes, de choses qui marchent, qui fonctionnent sur le terrain. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai souhaité me lancer dans l'aventure, sachant qu'en fait, surtout aussi... j'ai beaucoup de gens autour de moi qui souffrent dans leur travail à cause d'un mauvais management, et c'était aussi une manière pour moi de répondre, de contribuer à cette grande mission qui est d'apporter une petite pierre à ce grand édifice de comment être mieux épanoui, d'être entouré de gens qui nous tirent vers le haut plutôt que qui nous tirent vers le bas. Voilà, j'ai eu pas mal d'occasions et de conjonctions, de conditions qui ont fait que c'était assez favorable pour moi de le faire.

Les débuts difficiles du manager

Jimmy

Tu parlais des difficultés dans tes premiers pas. Quand on prend le poste de manager, pour toi c'est quoi le plus difficile ?

Ludovic

Le plus difficile dans ces premiers pas de manager, en fait, je pense que c'est tout simplement qu'on ne sait pas trop comment s'y prendre et qu'on n'est pas trop formé à ça. Tu vois, moi, j'ai fait une école de commerce, ou de management, et on ne te prépare pas du tout à comment finalement accompagner des équipes. On t'apprend beaucoup de choses, mais pas du tout à manager des gens. Et en fait, la seule base que tu as, c'est ton expérience en tant que managé. Et donc tu as tendance à vouloir reproduire, par mimétisme, ce que tes anciens managers ont fait, ce qui n'est pas toujours la bonne manière de faire. Donc voilà, je dirais, en fait, un manque de méthode, un manque de savoir-être, de savoir-faire pour finalement réussir à s'extraire de ce qu'on a pu voir dans le passé et aller au-delà, et faire mieux. Aujourd'hui, on a souvent tendance à se tourner vers les ressources humaines, le département des RH...

Jimmy

...qui reste parfois un peu la nébuleuse, on ne sait pas trop ce qui s'y passe. Et on pense que ça doit venir de là-bas, l'accompagnement et la formation. Toi, tout à l'heure, tu parlais d'accompagnement, justement, par tes N+1 ou des gens que tu as pu rencontrer dans ta vie, qui t'ont apporté beaucoup. Ça fait vachement écho, peut-être, au mentorat. Comment on accompagne les gens selon toi ?

Le mentorat et l'apprentissage entre pairs

Ludovic

Moi, je crois beaucoup à ça, le mentorat. Typiquement, effectivement, pour réussir au sein des entreprises, déjà avant même... je pense qu'il y a un premier sujet, savoir : est-ce qu'on a vraiment envie de devenir manager ? Parce que je suis assez convaincu que ce n'est pas fait pour tout le monde, et ce n'est pas grave, et qu'on a eu beaucoup trop tendance à voir ça, notamment en France, comme une évolution, mais enfin plutôt comme une promotion. C'est-à-dire qu'en gros, si au bout d'un certain âge tu n'as pas managé, tu as un peu raté ta vie professionnelle. Et en fait, il faut réussir à casser ce schéma-là, parce qu'encore une fois, on n'est pas tous bons là-dedans, parce que pour être manager, je pense qu'il faut être fondamentalement... il faut aimer l'humain, aimer passer du temps en tête-à-tête avec des gens, les écouter, comprendre leurs problèmes, leurs besoins. Et en fait, on n'est pas tous câblés comme ça. Donc voilà, je pense que déjà, il y a un premier sujet qui est de faire évoluer les bonnes personnes, celles qui finalement évoluent vers ce poste non pas juste pour prendre du galon, mais parce que c'est une vraie, presque, vocation. Et pour ça, j'en reviens à ta question : je pense que le sujet du mentorat, c'est-à-dire pouvoir bénéficier de l'expérience de managers qui sont plus expérimentés que toi, c'est quelque chose de très intéressant. Et donc, dans ce parcours de réflexion sur « est-ce que j'ai envie de devenir manager ou non », pouvoir rencontrer des managers dans ma boîte qui managent depuis un certain temps, et qui, du coup, pourraient m'éclairer précisément sur ce que veulent dire les droits et les devoirs, on va dire, d'un manager, ce serait quelque chose d'hyper intéressant. Donc déjà, rien que dans le processus de sélection, je pense que c'est quelque chose qui pourrait être vraiment, vraiment chouette.

Et après, au-delà de ça, je pense qu'il y a un sujet, effectivement, une fois qu'on est manager : je crois beaucoup à l'apprentissage et à l'accompagnement entre pairs, c'est-à-dire de faire en sorte de rencontrer nos collègues, nos potes managers dans la boîte, régulièrement, pour échanger sur ses galères, sur ses difficultés, sur ses bonnes pratiques. Parce qu'il y a souvent, en fait, beaucoup de choses qui sont très bien faites et dont d'autres managers pourraient s'inspirer. Et inversement, il y a des difficultés, mais qui sont souvent aussi rencontrées par d'autres. Et ça fait beaucoup de bien, en général, rien que le fait de vider son sac et de se rendre compte qu'on n'est pas seul à galérer. Et c'est quasiment toujours le cas. Ouais, moi, je crois beaucoup à cette dimension de mentorat, tutorat — il peut y avoir des subtilités, mais l'idée est la même — et en tout cas d'apprentissage entre pairs, cette histoire vraiment d'intelligence collective. Et d'ailleurs, moi, le livre, je l'ai construit comme ça : c'était de l'intelligence collective, c'est-à-dire que ce n'est pas ma vision à moi, grand gourou du management, de ce qu'il faut faire ou ne pas faire quand on manage. Mais c'est vraiment... je suis allé à la rencontre, au final, de presque 500 managers, et c'est comme ça que j'ai construit, parce que je crois vraiment beaucoup à ça, à l'intelligence collective.

Manager, une évolution parmi d'autres

Jimmy

Et puis tu fais notion là, il y a deux notions. Un, on n'a peut-être plus forcément envie de devenir manager. Aujourd'hui, on s'en rend compte, il y a de plus en plus de monde qui ne souhaite pas être manager, même quand on le leur propose. Et puis à côté de ça, tu dis, devenir manager, c'est un peu considéré comme une évolution. C'est : à 50 ans, soit tu as une Rolex, soit tu es manager, sinon tu as raté ta vie, tu vois, c'est un peu la référence que tu nous donnes. Est-ce qu'il n'y a pas aussi un amalgame entre... en fait, le manager, ce n'est pas l'évolution ultime, c'est juste un poste dans l'entreprise, et ce n'est pas forcément celui qui a le plus d'avantages, celui qui a un meilleur salaire que les autres. Est-ce qu'il n'y a pas une façon de repenser le management dans l'entreprise qui soit un peu moins pyramidale ?

Ludovic

Je pense que déjà, c'est vrai que les études montrent que les nouvelles générations sont moins intéressées par le management qu'avant. Parce que c'est vrai que c'est peut-être un petit peu plus de salaire, mais c'est beaucoup plus d'emmerdes. Et les nouvelles générations se posent la question de savoir si le jeu en vaut la chandelle, et la réponse semble être, de moins en moins, oui. Donc je pense que ça veut aussi dire qu'il faut repenser ce que veut dire être manager et redonner du sens à cette fonction. Et après, en fait, je pense que tu mets le doigt sur un sujet, qui est qu'encore une fois il faut valoriser aussi d'autres voies d'évolution, et assumer, encore une fois, que ce n'est pas fait pour tous et qu'il y a d'autres formes d'évolution au sein d'une boîte — je ne sais pas, par exemple, une voie plus d'expertise. Quand tu deviens expert d'un domaine, en fait, tu peux faire bénéficier de ton expertise sans nécessairement devenir manager, et tu peux aussi, pourquoi pas, le valoriser financièrement. Donc il y a d'autres manières de faire. Et tant qu'on ne sortira pas de ce schéma-là, on restera sur, effectivement, une vision de plus en plus péjorative de cette fonction de manager par les nouvelles générations. Et à un moment donné, on aura finalement un problème : on peut se poser la question, est-ce qu'on a besoin de managers ou non ? Moi, je pense que oui, mais pas forcément sur le modèle, on va dire, du passé.

Jimmy

C'est pas tout tracé, je le ressens aussi dans mon quotidien, ou avec les gens avec qui je discute : il n'y a plus ce schéma, une direction, un chemin pour devenir manager. Au contraire, il faut aussi proposer d'autres alternatives : faire du bénévolat, avoir du temps libre pour des assos, pourquoi pas être slasheur dans sa boîte, avoir plusieurs casquettes, plusieurs métiers au sein de la même boîte. Sinon, on n'arrivera pas à retenir les talents, parce que même les talents ne veulent plus forcément devenir manager. Il y a un truc qui m'a un peu marqué dans ton livre, on va peut-être commencer par ça : tu as un acronyme qui s'appelle DREAM. Est-ce que tu veux nous en dire plus sur celui-ci ?

L'acronyme DREAM

Ludovic

Oui, avec plaisir. En allant à la rencontre de ces à peu près 500 managers — grosso modo un tiers en start-up, un tiers en PME, un tiers en grand groupe — je me suis en fait rendu compte que, quelles que soient les tailles d'organisation, il y avait systématiquement cinq grands piliers, cinq grands éléments à réunir autour d'une équipe pour l'avoir la plus engagée possible. Cinq besoins fondamentaux, on va dire, pour être à fond dans son job. Et donc, pour faciliter la mémorisation, j'ai réuni ces cinq piliers autour de l'acronyme DREAM, rêve en anglais, puisque les cinq lettres D, R, E, A, M sont les initiales des cinq piliers en question. Alors évidemment, en plus, DREAM, c'est vrai que c'est un clin d'œil au titre du livre, Dream Team, qui est lui-même d'ailleurs un clin d'œil à l'équipe de basket menée par Jordan et ses copains dans les années 90, 92 notamment, aux JO de Barcelone — je ferme la parenthèse sportive. Et en fait, le D, c'est pour direction, c'est-à-dire comprendre le sens de ce qu'on fait et trouver du sens dans son job. Le R, de reconnaissance, être valorisé. Le E, d'environnement social, le fait de créer du lien avec mes collègues, mon manager, les gens qui m'entourent dans mon job. Le A, d'autonomie, le fait d'être responsabilisé à mon juste niveau, et donc d'avoir de l'impact dans mon quotidien. Et enfin le M, de montée en compétence, c'est-à-dire le fait d'apprendre régulièrement de nouvelles choses et d'avoir le sentiment vraiment de progresser, et d'avoir le juste niveau de challenge qui nous est proposé par rapport à nos aspirations. Et en fait, l'idée derrière ces cinq piliers, je les vois plus comme, tu vois, une sorte de table de mixage, des boutons qu'on peut monter ou descendre.

La table de mixage des besoins individuels

Parce qu'en réalité, on sent de plus en plus qu'on s'écarte du schéma prédominant des années 80, 90, début 2000, où en fait l'idée, c'était un peu une sorte d'approche à taille unique, très pyramidale effectivement, très hiérarchique, très descendante, où finalement on ne prenait pas suffisamment en compte l'unicité de chacun et les besoins personnels de chacun. Et au travers de cet acronyme, j'essaie, que ce soit au travers de mes interventions, de mes formations ou de mes contenus, de faire comprendre aux directions générales, aux DRH, aux managers surtout sur le terrain, qu'il faut maintenant réussir à prendre en compte les attentes personnelles de chacun. Et donc, typiquement, dans les cinq piliers, il faut imaginer cette table de mixage : on a chacun un réglage qui nous est propre. C'est-à-dire que pour certains, le besoin fondamental du moment, le moins nourri, ce sera par exemple le R de reconnaissance. Pour une autre personne, ce sera peut-être le M de montée en compétences, parce que c'est quelqu'un qui s'ennuie un peu dans son job et qui aurait besoin d'évoluer et d'élargir, on va dire, sa zone de confort. Donc tout ça pour dire qu'en fait, on a chacun nos propres besoins, et je pense que le job numéro un d'un manager maintenant, c'est de comprendre, pour chacun des membres de son équipe — par exemple si on manage quatre personnes, c'est pour les quatre — d'avoir en tête quel est le besoin fondamental du moment, parce que ce sont des sujets qui évoluent avec le temps. Mais aujourd'hui, quel est le besoin fondamental de la personne qui est le moins bien assouvi chez elle ? Et donc, une fois que tu as compris, par exemple, que c'était la reconnaissance, eh bien ensuite, l'idée, ça va être de co-construire avec la personne, dans les trois mois à venir, des idées, des nouveaux rituels, des nouvelles manières de faire, pour faire en sorte que le sentiment de reconnaissance de la personne soit dopé. Et c'est vraiment ça, l'idée. Si la personne te dit « non, moi c'est vraiment le sujet de l'autonomie, parce que je ne me sens pas assez libre, je ne me sens pas assez responsabilisé dans mon job au quotidien », eh bien voilà, ok, on va bosser ça ensemble. Et quand tu as ton manager qui s'intéresse fondamentalement à ton besoin primaire et qui réfléchit à comment encore mieux le satisfaire, en fait, c'est un truc de malade. Ça change totalement la relation manager-managé, et ça change complètement la dynamique que tu as dans ton job.

Le sens, à tous les niveaux

Jimmy

Par exemple, tu parles de direction, pour moi c'est apporter la notion de sens, pour y mettre notamment la raison d'être de l'entreprise par exemple. C'est quand même une notion fondamentale, c'est-à-dire que tout le monde a besoin de ça aujourd'hui, non ? Tu crois pas ? Tu penses qu'il y en a qui ont moins besoin de cette direction que d'autres ?

Ludovic

Alors oui, alors je pense qu'on a tous besoin de sens, mais en fait, souvent, moi j'entends parler — même moi je peux le dire, et je crois même que je l'ai écrit une fois dans le livre — le sujet de donner du sens... je pense que c'est assez compliqué de donner du sens à quelqu'un, parce que chacun trouve le sens qu'il souhaite dans son boulot. Donc je pense qu'on a tous besoin de sens, mais il est plus ou moins complexe, ce sens. Il y a certains, c'est juste : je vais bosser parce qu'en fait j'ai besoin d'argent, parce que j'ai une famille nombreuse et elle a des besoins, et il faut que mon travail permette de subvenir, et potentiellement ça peut être le seul sens, à l'instant T, de son boulot. Pour d'autres, ce seront des choses plus complexes peut-être, en tout cas plus tournées, effectivement, sur l'impact environnemental, sociétal de son action. Ça peut être vraiment plein de choses. Donc ça, c'est le premier point. Et après, ce qui est sûr, c'est que quand on regarde les nouvelles générations, qui sortent parfois même de grandes écoles, en fait elles ont des aspirations qui sont tout autres que celles uniquement de gagner de l'argent, d'avoir de belles carrières, etc. Donc je dirais que le sens est quand même pas mal chamboulé chez les nouvelles générations. Et donc ça challenge énormément, en fait, les boîtes, pour effectivement réfléchir à comment est-ce qu'elles peuvent contribuer au fait que chacun trouve du sens dans son action au quotidien. Et ce qui est sûr, c'est que même dans les micro-actions du quotidien... parce que souvent, c'est vrai que le sens, on pense tout de suite raison d'être, et à juste titre, donc la grande mission de l'entreprise, on voit pourquoi. Mais pour moi, ça peut se trouver aussi dans les micro-actions du quotidien, c'est-à-dire... quand tu reçois un mail d'un collègue qui te dit « est-ce que tu peux m'envoyer tel fichier pour ce soir 17h ? », tu vois, si la personne s'arrête là, en fait, ok, la demande est claire, mais elle n'est pas si claire que ça, parce qu'il te manque justement le pourquoi de cette demande. Si la personne prenait le temps de te dire « écoute Jimmy, j'ai besoin de ce fichier à 17h parce que j'ai une réunion commerciale à 17h30 », ou « demain matin j'ai une réunion commerciale, et le fait d'avoir ce document-là me permettra de défendre un projet, d'avoir des éléments chiffrés », etc., en fait, tout de suite tu comprends mieux le sens, le pourquoi on te demande la chose, et donc tout de suite tu es plus enclin à te mettre en mouvement pour le faire. Donc, pour moi, le sens, on le voit à tous les niveaux, c'est-à-dire vraiment au niveau le plus haut, à quoi sert la boîte pour laquelle je travaille, mais ça va jusqu'à : à quoi sert le nouveau process qu'on met en place demain, à quoi sert la réunion à laquelle je vais participer tout à l'heure. Et donc c'est prendre à chaque fois le temps de commencer une réunion en expliquant le pourquoi de cette réunion, quand on fait une demande par email, de prendre le temps, même si on est toujours un peu bouffé par l'urgence du quotidien, d'expliquer le pourquoi de cette demande, et ainsi de suite. Pour moi, c'est vraiment à tous les niveaux de granularité, ça doit vraiment être une culture du pourquoi qui doit être insufflée à tous les étages de la boîte.

Jimmy

C'est super intéressant ce que tu dis, merci. Parce qu'il y a à la fois le pourquoi, finalement — quand je fais quelque chose, je me sens peut-être un peu plus engagé, et j'ai peut-être un peu plus de fierté à le faire, finalement, puisque je participe à une mission commune — et puis il y a le pourquoi aussi de : tiens, est-ce que ça a de l'intérêt, ce que je suis en train de demander ? Parce qu'il y a aussi ça, parfois en entreprise, tu parlais d'urgence, ou plutôt de fausse urgence. On veut peut-être traiter trop de choses qui ne sont pas forcément utiles, alors qu'on devrait plutôt traiter les bonnes au quotidien.

Manager son manager

Alors, dans le livre, il y a aussi une notion qui est super, parce que là on parle du rôle du manager — alors déjà, on le rappelle, le manager, c'est une sacrée responsabilité, tu vois, rien que là dans ton acronyme, c'est cinq éléments, et puis il y en a d'autres en plus, c'est pas facile, je pense qu'il faut savoir s'armer, comme tu l'as dit au départ — et puis il y a aussi une notion où on peut aussi manager son manager, avoir une relation spécifique avec lui, justement pour ne pas tout attendre de lui, mais aussi contribuer, en tant que collaborateur, à alimenter ou nourrir les besoins de son manager, pour créer cette intelligence collective dont tu parlais tout à l'heure. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette notion ?

Ludovic

Ouais, c'est vrai que ça, c'est un truc qui me tient à cœur et que j'essaie de plus en plus, dans les entreprises, de distiller, on va dire, et je sens que c'est un discours qui prend, de plus en plus — des entreprises qui font appel à moi non pas uniquement pour parler devant des managers, mais aussi devant des collaborateurs, parce qu'en fait, parler de management devant des managers, c'est super, mais c'est dommage, parce qu'il nous manque un bout du maillon de la chaîne, en fait. Et c'est vrai que c'est une relation à double sens, et on peut souvent avoir tendance à l'oublier. Parce que c'est vrai qu'on vient de cette culture managériale très descendante, très hiérarchique — les années 80, 90, 2000 ont pas mal fait ça — c'est-à-dire que c'est le boss, et tu vas faire comme je te dis, et c'est comme ça et pas autrement. C'est le commandement de contrôle.

Jimmy

Oui, le command and control, le boss qui a son bureau fermé de 40 mètres carrés avec la plus belle vue, c'est le boss qui a sa place de parking, il y a des marqueurs hiérarchiques très forts.

Ludovic

...qui sont de plus en plus gommés, on le voit ne serait-ce que dans l'architecture maintenant des bureaux. Et du coup, tout ça va dans un sens qui est qu'une relation, ça se construit à deux. Et qu'en effet, en tant que collaborateur, on a plus de responsabilités qu'on ne le pense dans sa relation avec son manager. Et il y a, moi, un chiffre notamment qui m'a frappé, qui date de 2020, issu d'une étude Cadremploi, qui nous apprend que 63 % des Français ne sont pas satisfaits de leur relation avec leur manager. Et donc, bon, je pense qu'on a tous eu, dans notre parcours, des boss avec lesquels ça se passait plus ou moins bien, et parfois, enfin, plus moins que plus. Donc voilà, mais c'est vrai que du coup, c'est très facile de taper sur son boss. Mais est-ce que soi-même on se pose la question de : est-ce que je mets le meilleur climat, le climat le plus favorable possible pour que la relation se passe bien ? Et donc, si je parle un peu plus concrètement maintenant sur ce qu'on peut faire vis-à-vis de son boss, je pense qu'il y a plusieurs choses. C'est déjà, un, avoir conscience de ses enjeux. Et pour ça, en fait, il faut le questionner, tout comme un manager doit questionner son collaborateur pour comprendre ce qui se passe dans sa tête. Je pense qu'en tant que collaborateur, tu as aussi ce rôle-là. Et donc de questionner : quels sont tes enjeux, quelles sont tes difficultés... enfin voilà, pour que je comprenne mieux finalement ton quotidien. Et typiquement, le problème numéro un des managers, toute étude confondue, tout pays confondu, c'est toujours le même, c'est la gestion du temps, l'impression de courir après le temps. Et une fois qu'on a compris ça, qu'en tant que collaborateur on a compris que chez son manager c'est ça la galère numéro un, il y a plein de trucs qu'on peut faire très concrètement pour l'aider. Typiquement, c'est éviter de lui envoyer un mail pour un oui ou pour un non, c'est éviter de le mettre en copie pour un oui ou pour un non, c'est de lui proposer, pourquoi pas, de le remplacer à telle réunion, qu'il vous délègue telle réunion histoire de lui faire gagner du temps. C'est, quand on va le voir, ne pas juste remonter des problèmes, mais arriver avec des solutions ou des pistes de solution. C'est, quand on a un one-to-one avec lui, de le préparer pour qu'il soit le plus efficace possible. Bref, c'est tout ce genre d'action du quotidien qui va faire qu'on va lui permettre finalement d'alléger son agenda, ou en tout cas d'avoir des moments d'échange les plus efficaces possible, pour contribuer en partie — parce qu'on n'est pas seul — mais contribuer à son échelle à faire en sorte d'alléger légèrement l'agenda de son boss.

La reconnaissance envers son manager

Et puis, plus globalement, tu vois, je parlais tout à l'heure des cinq piliers DREAM, il y a notamment le R de reconnaissance qui est important, parce que c'est vrai qu'en tant que manager, on manque cruellement de reconnaissance, parce que c'est assez rare que ses équipes vous disent merci ou bravo. En revanche, je croise tous les jours des collaborateurs qui me disent que leur boss, leur manager, ne les remercie pas assez ou ne les félicite pas assez. Et quand je leur demande : et toi, la dernière fois que tu as remercié ou félicité ton manager, c'était quand ? Je suis sûr qu'il fait des trucs super, parfois, comme manager. En fait, j'ai rarement des réponses très précises, et je leur dis : ben ouais, comment attendre quelque chose de la part de quelqu'un à qui toi-même tu n'es même pas capable de donner ? Commence déjà, toi, par montrer la voie, et tu verras qu'en fait ton boss se sentira mieux quand tu le féliciteras ou que tu le remercieras pour des trucs qu'il a bien faits. Ça lui ouvrira aussi la voie à le faire, peut-être plus, vis-à-vis de toi. Donc bref, tout ça pour dire qu'on ne peut pas tout attendre des autres. Commençons déjà par être exemplaires à son niveau. On parle souvent d'exemplarité managériale, de courage managérial, c'est pareil, en fait, le courage collaborateur, le courage de faire du feedback à son manager. Tout ça, ce sont des choses où en fait, il n'y a pas de côté magique. Encore une fois, c'est un vrai challenge, c'est très difficile au quotidien. Donc on ne peut pas, si on n'est pas soi-même exemplaire...

Jimmy

On ne peut pas, je pense, décemment, et en étant honnête intellectuellement avec soi-même, taper sur son boss.

Ludovic

C'est un peu trop simple.

Jimmy

Oui. Et puis ce n'est pas une relation unilatérale, ce n'est pas à sens unique. Surtout si on veut sortir de ce schéma command and control, très pyramidal, en fait, où finalement, quand on attend tout de son boss, peut-être qu'on ne se pose pas la question de savoir si on doit le manager, ou en tout cas si on doit aussi lui faire des feedbacks et des retours, et créer cette relation qui va dans les deux sens. C'est vraiment créer cette relation. ### L'autonomie et l'impact à 360°

Jimmy

[mot inaudible dans la source, voir point à vérifier n°2] Dans l'acronyme DREAM, il y a le A d'autonomie. Est-ce que l'autonomie, ça ne passe pas aussi par ça, par se dire : qu'est-ce que je fais pour l'équipe, pas que pour moi-même ? Et donc, dans l'équipe, il y a le manager.

Ludovic

Ouais, c'est exactement ça, je pense. En tout cas, c'est se dire : j'ai un impact à mon niveau qui est souvent sous-estimé, c'est-à-dire que je peux avoir un impact positif et vertueux sur tous ceux qui m'entourent. Et tous ceux qui m'entourent, c'est mes collègues, c'est mon manager, c'est mon équipe si j'en ai une : c'est vraiment un sujet à 360. Alors il y a une super série — je ne sais pas si tu la connais, je fais une petite parenthèse — qui s'appelle Ted Lasso.

Jimmy

Ah non, mais j'en ai entendu parler.

Ludovic

Ouais, qui est génial, sur un coach sportif. On ne voit pas trop de sport dans la série, mais en fait il y a plein de reflets du management d'une équipe, et il manage extrêmement bien son propre manager. C'est-à-dire qu'il a un manager complètement détaché, loin des réalités du terrain, très peu enclin à encourager l'équipe d'ailleurs. Et finalement, à force d'attention, d'engagement, de simplement s'intéresser à la personne, en fait, il arrive à intégrer son manager à l'ensemble de l'équipe. Donc je recommande la série, ne serait-ce que pour en tirer des conseils managériaux.

Le feedback : instaurer une culture par les rituels

Jimmy

Tu parlais des feedbacks tout à l'heure, qu'on fait à son manager. C'est aussi une thématique que tu abordes, tu parles de feedback, par exemple aussi le feedback à 360°. On parle des feedbacks, et puis on parle aussi des feedforward, où on regarde ce qu'on va faire de positif dans le futur, et pas seulement ce qui s'est passé. Comment tu vois la mise en place du feedback dans une entreprise ? Parce qu'on en parle tout le temps du feedback, c'est clair, on sait qu'il faut le faire. Par contre, la culture du feedback, elle est très rarement implémentée dans une entreprise, ou en tout cas que dans le sens manager-collaborateur.

Ludovic

Ouais, c'est clair. En fait, moi, je trouve qu'il n'y a rien de mieux, pour instaurer une vraie culture dans une boîte sur un sujet, que de mettre en place des rituels. Pour moi, il n'y a rien de plus puissant, parce qu'en fait, tu as beau dire « il faut le faire, il faut le faire », ben ouais, ok, très bien, tout le monde le sait, mais personne ne prend le temps de le faire. Et le rituel a cette force-là de t'inviter, en fait, à avoir un temps de qualité sur un sujet, de ne pas pouvoir t'y soustraire et de ne pas te faire bouffer par l'urgence du quotidien. Donc ritualiser le feedback, je trouve que c'est une des meilleures pratiques si on veut tout simplement le voir se généraliser. Et pour ça, il y a plusieurs manières de le faire. Par exemple, il y a des ateliers qui existent où tu ritualises le feedback, c'est-à-dire ce sont des ateliers au sein d'une équipe. Tu fais ça une fois par mois ou tous les trois mois, où, le temps d'un atelier, chacun va réfléchir à des feedbacks qu'il a envie de faire aux uns aux autres. Après, il y a plein de manières très concrètes de le faire, il y a plusieurs formats possibles. Tu vois, il suffit de se mettre par binôme et de se faire des feedbacks croisés, et puis après tu rechanges de binôme, tu fais deux, trois rounds comme ça. Et en fait, c'est assez énorme. Et quand c'est inscrit dans les agendas, que tu sais que tous les deux mois par exemple tu as ce rituel qui revient, au fur et à mesure tu sais que tu vas noter des choses sur la personne, sur des gens de l'équipe, des gens qui t'entourent, parce que tu sais que ce rituel qui va arriver sera un moment d'apporter de la valeur à l'autre. Parce qu'il y a aussi, je pense, un premier truc qui est important, c'est de se dire : qu'est-ce que c'est véritablement, un feedback ? Le concept du feedback, c'est vraiment de faire un retour à quelqu'un pour que l'autre progresse. Et une fois qu'on s'est dit ça, en fait, ça dégonfle vachement le stress qu'on peut avoir autour d'un feedback. On se dit : putain, je vais encore me prendre un truc dans la gueule, etc. Ça, ce n'est pas un feedback, ça peut éventuellement s'appeler un recadrage ou un reproche. Mais un feedback, c'est de dire quelque chose à quelqu'un pour le faire progresser, donc lui donner des pistes, générer un échange constructif pour potentiellement faire mieux demain si la personne est confrontée à la même situation. Donc voilà pour le rituel. Et après, le feedback à 360, je trouve que c'est quelque chose de très intéressant.

Le feedback à 360°

Concrètement, pour les auditeurs, c'est une pratique plutôt à faire une fois par an, et pourquoi pas à l'occasion des entretiens annuels. Les entretiens annuels, en général, ce ne sont pas toujours les meilleurs moments de l'année, c'est pas très... voilà, moi je considère qu'à partir du moment où on fait des points en tête-à-tête, des one-to-one très fréquents avec ses équipes, l'entretien annuel a peu d'intérêt, à part synthétiser à l'échelle de l'année tout ce qu'on s'est dit au fur et à mesure, si les one-to-one sont bien faits. Mais je trouve que du coup, on peut profiter de cet entretien annuel comme un moment, justement, pour mettre en place un feedback à 360, qui consiste à choisir deux, trois, quatre, cinq, six personnes avec lesquelles on a travaillé dans l'année, et à récupérer des retours auprès d'elles sur, selon elles, mon principal talent, mes principales forces, mes réalisations, un truc sur lequel je les ai peut-être bluffées, un conseil pour m'améliorer, un axe d'amélioration, bref, voilà. Tu vois, tu peux structurer ça autour de trois, quatre, cinq questions. Et ensuite, du coup, on récupère plein de retours de plein de personnes avec lesquelles on a travaillé. Donc c'est hyper riche, et c'est très puissant quand tout le monde se prête au jeu. C'est-à-dire que, vraiment, pour moi, ça doit être un rituel qui doit être fait de la direction générale jusqu'aux stagiaires, entre guillemets, pour que vraiment tout le monde y gagne. Ça dégage aussi du temps pour le faire, les uns pour les autres. Et c'est un moment où, une fois par an, tu reçois beaucoup de matière sur comment tu es perçu, et sur tes forces, et peut-être des conseils aussi que tu peux récupérer pour faire encore mieux l'année suivante. Donc c'est quelque chose vraiment qui est très puissant. Et quand tu mets en place ces rituels fréquents, ça permet finalement de délier les langues, et ça permet, même au-delà de ces rituels, entre ces rituels, d'avoir des gens qui se disent franchement les choses, mais toujours avec bienveillance. C'est-à-dire, au sens, encore une fois : je suis là pour te faire un retour, pour te faire progresser, je ne suis pas là pour te tacler, ce n'est pas le sujet. Et je pense que c'est en faisant ça que tu arrives vraiment à insuffler une vraie culture du feedback. Ce n'est pas juste un mot un peu tarte à la crème affiché dans les locaux de la boîte, mais qui, en réalité, ne vit pas tellement. [passage confus dans la source, voir point à vérifier n°3] Il y a deux problèmes autour du feedback en entreprise. Le premier, c'est qu'il y a un problème de temps : on n'a pas le temps de le faire, on a d'autres urgences. Et puis le deuxième, c'est qu'on a un peu peur de le faire, parce qu'on ne sait pas trop comment s'y prendre. Le ritualisé, c'est la meilleure solution pour un peu tuer ces deux objections que sont le temps et la méthode, ou en tout cas la peur de le faire.

Jimmy

Du coup, est-ce qu'il n'y a pas un risque à laisser le collaborateur générer son feedback ? C'est lui qui va initier la demande, on peut travailler une trame de questions avec lui, qui sont des trames transversalisables à toute l'équipe, mais c'est lui qui va aller rechercher les réponses auprès des autres collaborateurs. Est-ce qu'il n'y a pas un risque qu'il sélectionne les collaborateurs avec qui il s'entend le mieux, et du coup les réponses seront forcément biaisées ? Est-ce que c'est aussi un rôle du manager de déterminer qui doit répondre à ce feedback ? Comment on peut l'encadrer, en fait ? Comment on peut rassurer les gens aussi ? Parce que parfois on se dit : si j'ai trop de mauvaises réponses, ça craint un peu pour moi.

Les risques du feedback auto-sélectionné

Ludovic

Ouais, c'est un bon point. Alors je pense qu'il y a deux réponses à ça. La première, c'est que le manager est là pour challenger la liste retenue par le collaborateur. Je pense que c'est toujours plus efficace si c'est le collaborateur qui les choisit, parce qu'en termes d'envie de le faire, d'adhésion, etc., ce sera toujours plus efficace que si on t'impose des gens que tu trouves à côté de la plaque. Mais en revanche, je pense que le manager est là pour challenger, c'est-à-dire s'assurer que la liste est exhaustive et qu'effectivement il n'a pas choisi que ses meilleurs copains. Donc ça, c'est le premier point. Et le deuxième, pour éviter cette peur d'avoir des retours qu'on pourrait juger négatifs, je pense que c'est dans la liste des questions qu'il faut soumettre. Il faut qu'il y ait une grille de questions qui soit commune à toute la boîte — quitte à pouvoir un peu l'ajuster — mais retenir quatre, cinq questions qui seraient les mêmes pour tous, et du coup des questions résolument positives, en fait. On n'est pas là pour se dire tout ce sur quoi tu as merdé, au contraire, on est là plutôt pour se dire là où tu as réussi, là où tu es bon, et éventuellement des conseils pour faire encore mieux. Et si les questions sont orientées positivement, il n'y a pas de raison que tu aies peur de le faire. Au contraire, le seul risque, c'est d'avoir trop de compliments [formulation incertaine dans la source, voir point à vérifier n°4], sympas à recevoir mais qui ne font pas forcément progresser.

Jimmy

Ouais, ouais, c'est ça, d'où l'intérêt d'avoir des questions intelligemment tournées pour que ce soit aussi des retours utiles.

Ludovic

Moi, je fais partie de cette école où je trouve que c'est plus intéressant d'avoir conscience de ses forces — ou en tout cas c'est aussi important d'avoir conscience de ses forces que de ses axes d'amélioration, et cette culture du « axe d'amélioration, axe d'amélioration, axe d'amélioration », c'est bien, mais... en réalité, je pense que déjà on gagnerait beaucoup de temps, et surtout en termes de quick wins, c'est-à-dire de temps passé versus l'impact que ça pourrait avoir, à avoir conscience de ses forces et à se poser la question de comment on pourrait en faire bénéficier encore plus la boîte, ses collègues, etc. Je trouve que ce serait encore plus puissant.

Jimmy

Oui, et ne pas voir que le point noir au milieu de la feuille blanche, mais voir aussi tout le reste autour.

Ludovic

Exactement.

Feedback et amélioration de la relation

Jimmy

Une dernière question sur le feedback. Tu dis, en fait... ce qui est intéressant, c'est de voir les axes de progression qu'on a dans son travail, aussi sur des compétences comportementales, pas uniquement des compétences techniques. Est-ce qu'on peut intégrer dans ce feedback, selon toi, aussi la notion de : tiens, si tu fais ça, tu vas améliorer la vie aussi, pas uniquement te faire progresser toi, mais moi, dans mon quotidien, ou dans mon équipe, ou mon activité, ça va me faciliter la vie. Est-ce que ça a sa place dans le feedback ?

Ludovic

Oui, oui, complètement. Moi, j'aime bien cette question qui est, voilà, un peu ma demande pour améliorer notre relation, tu vois. C'est le genre de question que j'aime bien, parce que, effectivement, l'idée, c'est que le feedback est là pour faire progresser l'autre, mais le faire progresser par rapport à un sujet qui peut avoir un impact aussi sur son équipe. Donc oui, évidemment, c'est quelque chose de très vertueux. J'aime bien aussi que, dans la liste des feedbacks, il y ait aussi ces questions-là, c'est-à-dire : ce que je peux faire, moi, pour améliorer notre relation, et peut-être ma demande, pour que toi aussi tu puisses éventuellement travailler sur ta relation avec mon équipe, ta relation avec moi, ta relation avec tous ceux qui t'entourent.

Le Big Quit et la revalorisation du salariat

Jimmy

On n'a pas encore parlé d'un sujet qui semble critique aujourd'hui : on a vu le Big Quit aux États-Unis, on se pose la question de savoir si ça va arriver en France. En tout cas, aujourd'hui, les indicateurs laissent penser que ce n'est pas encore le cas, même si on a, dans certains secteurs plus que d'autres, des vagues qui commencent à se dessiner. On va voir si ça continue. Donc derrière, ça pose la question du recrutement, finalement, parce qu'on a des grandes démissions, potentiellement plus de démissions que d'habitude, et on a besoin de recruter aussi des gens. Comment, aujourd'hui, on doit penser le recrutement, pour justement faire grandir la Dream Team, ou pour s'assurer que l'équipe, peut-être plus tard, soit une réelle Dream Team quand on la compose depuis zéro, et surtout, comment on fait pour qu'une équipe qui marche bien, tu vois, ne devienne pas une équipe un peu bancale parce qu'on a une mauvaise recrue dans l'équipe, même si, sur le papier, on avait l'impression de tout cocher ?

Ludovic

Ouais, alors déjà, on va dire, sur ce grand sujet autour de la potentielle grande démission, en tout cas des métiers en pénurie, des gens qui, effectivement, quittent leur job à la recherche d'un meilleur épanouissement professionnel, etc., je pense que la meilleure réponse à ça, déjà, c'est de revaloriser le job de salarié, en fait. Aujourd'hui, c'est vrai, il y a 10-15 ans, l'entrepreneur, c'était la personne qui faisait un peu peur à tout le monde. Maintenant, c'est au contraire, c'est cool d'être entrepreneur — quand je dis entrepreneur, c'est vraiment au sens large, ça inclut aussi les indépendants, etc. Donc en fait, je pense qu'il y a un premier sujet, qui est de revaloriser le job de salarié, et de remettre à sa place aussi le boulot d'entrepreneur, qui est un boulot hyper dur, hyper exigeant, qui n'est pas fait pour tout le monde. Et je trouve qu'il y a beaucoup de fantasmes — pour moi, avoir été entrepreneur plusieurs années, être maintenant freelance, avoir été salarié pas mal d'années, j'ai pu tester plein de modes de collaboration, et en fait je me rends compte qu'on n'est pas tous faits pour les mêmes modes. Et justement, l'entrepreneuriat, au sens très large du terme, est très à la mode, et trop à la mode je trouve. Du coup, ça génère beaucoup d'illusions chez les uns et chez les autres. Et je pense qu'il va y avoir un mouvement arrière à un moment donné, où des gens vont tester le freelancing et se rendre compte que ce n'est pas fait pour eux, parce qu'en réalité, être à la fois bon commercial et bon expert technique, ce n'est pas évident, ce n'est pas donné à tout le monde. Et donc, je pense qu'on peut être excellent techniquement, mais si on n'est pas bon commercial, qu'on n'a pas les bons réseaux et qu'on ne sait pas se vendre, on n'ira pas très loin. Et ce n'est pas toujours compatible. Donc bref, tout ça pour dire que je pense qu'il va y avoir, à un moment donné, un retour arrière. Après, pour me recentrer... je pense que pour revaloriser le job de salarié, ça veut dire aussi revaloriser le job de manager, pour finalement se rendre compte que, quand on est dans une boîte, on a aussi la chance d'être drivé, accompagné, par quelqu'un qui sait faire et qui saura te faire grandir, etc. Et je pense que demain, ce sera l'un des avantages concurrentiels qu'une boîte aura par rapport à d'autres : avoir des bons managers qui sauront te faire grandir, et qu'en trois ans d'expérience dans telle boîte, en ressenti, ce sera peut-être presque comme dix ans d'expérience ailleurs, si tu avais été un peu livré à toi-même.

Le recrutement, premier acte managérial

Je referme un peu la parenthèse. Après, sur le sujet du recrutement, je pense qu'effectivement — moi, dans les centaines de rencontres que j'ai pu faire, le sujet du recrutement, c'est un chapitre entier du livre — parce que je considère que c'est le premier acte, le premier acte managérial qu'on fait, le fait de recruter, et c'est le début de tout. Donc évidemment, pour que ça se passe bien par la suite, il faut souvent remonter un peu à l'origine des choses. Et je pense qu'en effet, la clé, c'est surtout de recruter avant tout quelqu'un avec qui ça matche humainement, c'est-à-dire quelqu'un qui colle avec les valeurs de la boîte, avec les valeurs personnelles du manager, avec la manière de faire. Enfin voilà, c'est avant tout de surpondérer, dans son processus de recrutement, l'état d'esprit du candidat, et de minimiser ses compétences techniques. Parce qu'encore une fois, l'état d'esprit, c'est toujours pareil, l'état d'esprit ne s'apprend pas tellement. On est câblé de certaines manières. Mais à l'inverse, les compétences techniques peuvent s'apprendre, ou se désapprendre. Donc je dirais que c'est avant tout de mettre au centre de son processus de recrutement des manières de capter si la personne s'intégrera bien dans l'équipe, si elle s'intégrera bien à la culture globale de l'entreprise. C'est important de le rappeler : ce sont les compétences techniques qui s'acquièrent aujourd'hui beaucoup plus facilement, pas les compétences de type comportemental. Je pense qu'il y a un cas d'école qu'on connaît tous, c'est le non-recrutement, ou le recrutement tardif, de Benzema dans l'équipe de France de football. Un joueur extraordinaire sur le terrain, l'un des plus grands buteurs de tous les temps, et pourtant, très longtemps, il n'a pas eu sa place en équipe de France, sans doute pour des raisons comportementales — justement pour faire en sorte que la dream team en place ne soit pas déstabilisée par quelqu'un qui viendrait ne pas s'intégrer à cette culture et à ces valeurs d'équipe.

Jimmy

Ouais, c'est très juste. Alors Ludovic, on arrive à la fin de l'interview, il y a une dernière notion que j'aimerais aborder avec toi. On en a parlé brièvement, j'aime bien cette idée que tu donnes, que le N+1 ne soit jamais égal à zéro.

L'intelligence collective

Alors le N+1, pour ceux qui ne sont pas familiers : le N, c'est le niveau hiérarchique dans lequel on se trouve, le N+1, c'est le niveau du dessus, donc son manager, ou les managers environnants du niveau supérieur, si on peut l'appeler ainsi. Et donc, dans ce N+1, on l'a dit, il y a la relation manager-managé et vice versa, mais il y a aussi cette notion d'intelligence collective pour faire une dream team. Si tu avais une définition à en donner, de l'intelligence collective, aujourd'hui, tu en donnerais quoi ?

Ludovic

Je dirais que c'est un peu la notion du 1 + 1 = 3, c'est-à-dire qu'en fait, la meilleure personne du groupe aura toujours des idées moins fortes que le groupe qui se rassemble pour y réfléchir. C'est tout simplement ça. Et je pense qu'on va tous expérimenter, d'une manière ou d'une autre, à un moment donné, un échange un peu ping-pong où finalement il y en a un qui sort une idée, il y en a un autre qui en sort une autre qui a l'air complètement à côté de la plaque, mais mine de rien, c'est cette idée qui paraissait à côté de la plaque qui va faire penser à quelqu'un d'autre du groupe à une idée bien meilleure, et sans cette idée finalement très périphérique, on n'y serait pas arrivé. Et en fait, c'est vraiment ça : à plusieurs, on est toujours meilleur que seul. Et si vous mettez, encore une fois, cinq personnes ultra brillantes qui réfléchissent chacune dans leur coin à une idée, la meilleure idée individuelle de ce groupe-là sera toujours moins bonne que si on les avait mises ensemble pour réfléchir à plusieurs. Donc je dirais que c'est ça. Et c'est vraiment cette idée, s'il fallait la résumer, toujours par cette histoire d'équation mathématique : 1 + 1 = 3, c'est vraiment ça.

Conclusion et mot de la fin

Jimmy

Merci beaucoup, Ludovic, pour le temps que tu nous as consacré aujourd'hui. C'est un vrai régal, j'ai encore appris plein de trucs, et je pense que c'est de bon augure pour démarrer la saison 3, c'est top, ça nous met sur de bonnes bases tout de suite. Est-ce qu'il y a un sujet qu'on n'a pas abordé, et sur lequel tu voudrais partager quelque chose, ou revenir un peu plus en détail ?

Ludovic

Écoute, oui et non, il y aurait un milliard de sujets qu'on pourrait voir par ailleurs. Je pense qu'on a abordé... enfin, en tout cas, je pense que, comme mot de la fin, ou comme résumé général, pour revenir un peu sur l'idée principale : moi, je vois beaucoup d'entreprises qui se penchent sur des sujets relativement artificiels, comme savoir si, sur la terrasse en haut de la boîte, on met plutôt une table de ping-pong, un baby-foot ou un bar à smoothies. Donc ça, c'est intéressant, mais je trouve qu'on gagnerait à repenser la raison d'être du manager au sein des entreprises, à savoir à quoi doit servir un manager chez nous, quel profil on met en face, et au final, du coup, à avoir des équipes de mieux en mieux accompagnées, de plus en plus épanouies. Et après, s'il y a un bar à smoothies en haut, génial, c'est un peu la cerise sur le gâteau. Je caricature un peu avec ces exemples, mais c'est vraiment ça, cette idée : parfois, je trouve qu'il y en a certains qui prennent le sujet par le mauvais bout, ou par des sujets un peu trop superficiels, qui sont très faciles à gérer mais qui, finalement, ne règlent pas le sujet en profondeur. Pour moi, c'est une vraie transformation, et c'est avoir aussi le courage de faire un peu le ménage auprès de gens qui ne sont pas à leur bonne place, et d'aller les déloger, mais positivement, pour faire en sorte qu'ils trouvent des places qui leur conviennent mieux, et sur lesquelles, du coup, ils ont un impact plus vertueux qu'aujourd'hui. C'est un peu ça, le résumé global de toutes les notions qu'on a pu aborder ensemble aujourd'hui.

Jimmy

Merci, Ludovic. Je rappelle qu'on peut retrouver ton livre, Dream Team, que je recommande à tout le monde. On y retrouvera plus en détail certaines des notions qu'on a abordées, et plus encore, parce qu'on n'a pas tout abordé aujourd'hui dans le podcast. On peut aussi te retrouver sur LinkedIn si certains souhaitent te suivre, je sais que tu es très actif là-dessus, et tu donnes beaucoup de conseils sur le management, d'une façon assez ludique, en fait. Il n'y a pas besoin de lire un article trop long, tu abordes les sujets avec un point de vue simple à comprendre, mais qui sont toujours très efficaces et percutants pour l'entreprise. Et puis on te retrouve sur ton site internet, Ludovic Girodon, mais je mettrai tout ça dans les notes du podcast. En tout cas, je te souhaite une excellente journée, excellente continuation, et je te dis encore mille mercis pour aujourd'hui.

Ludovic

Merci Jimmy, merci à tous, à bientôt, au revoir.

Jimmy

Salut.

Clôture

Le Petit Manager, c'est terminé pour aujourd'hui, et je vous remercie infiniment d'avoir pris le temps d'écouter ce podcast, j'espère qu'il vous a plu. Si vous souhaitez continuer le débat, tout simplement discuter, me proposer certains sujets, voire certaines personnes à interviewer, n'hésitez pas à me le faire savoir, je me ferai une joie de vous répondre. Vous pouvez par exemple me le dire en commentaire. Vous pouvez partager ce podcast, ou tout simplement vous abonner pour être sûr de n'en rater aucun, mais surtout pour contribuer à son développement, et c'est là que je compte sur vous : c'est de lui mettre les fameuses 5 étoiles. Et oui, bienvenue dans un monde où tout doit être noté.

Alors si vous avez quelques secondes et que vous souhaitez me soutenir, allez-y maintenant, ça ne prend qu'un clic et ça me fera un immense plaisir. Si vous souhaitez me retrouver, le plus simple, vous allez sur LinkedIn et vous tapez Jimmy Materne. En attendant, je vous souhaite une excellente journée ou soirée en fonction de l'heure à laquelle vous m'écoutez, et je vous dis à la semaine prochaine.

Sources et références

  • Ludovic Girodon. Dream Team.
  • . Ted Lasso.

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