Guillaume Attias est autodidacte depuis l'âge de seize ans : il s'invite comme « passager clandestin » dans des cours universitaires de sciences cognitives et de médecine pour connecter ces deux disciplines. Il fonde BMO, Brain Modus Operandi, puis la BMO Academy, consacrées aux neurosciences et sciences cognitives appliquées aux processus décisionnels, et publie « L'influence cachée du cerveau humain » (ESF).
0,26 % de nos décisions sont conscientes
Sa thèse la plus frappante : nous n'avons conscience que d'une infime fraction de nos décisions, chiffrée à 0,26 % dans son livre. La plupart des choix se jouent avant qu'on les formule, dans des circuits qui échappent à toute conscientisation.
Le cerveau ne connaît que l'espace et le mouvement
Son idée centrale sur le temps est déroutante : pour le cerveau, le temps n'existe pas en soi. Il n'existe que de l'espace et des mouvements à produire. Une montre, explique-t-il, n'est jamais qu'un mouvement de rotation calqué sur celui de la Terre. Ce que l'on ressent comme une journée trop courte est en réalité une capacité de mise en mouvement entamée, par le sommeil, la fatigue ou la comparaison avec un collègue qui traite deux fois plus de dossiers.
Une « partition de vie » pour économiser l'énergie mentale
Pour ne pas garder simultanément des dizaines d'informations en tête, Guillaume Attias organise son propre agenda comme une partition de vie : il ne conserve en mémoire que ce qui concerne le créneau en cours, et fait confiance à son système pour faire remonter le reste au bon moment. Il s'appuie aussi sur le paradoxe déjà décrit par Daniel Kahneman entre l'expérience vécue et le souvenir qu'on en garde : un après-midi ennuyeux paraît long sur le moment mais laisse un souvenir bref, faute d'éléments à remémorer, tandis qu'une journée intense, vécue trop vite pour être remarquée, se retrouve étirée une fois racontée.