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8 septembre 2026 · ( 19 min ) · Solo

Rituels d'équipe : ce que le geste gère vraiment

Rituels d'équipe, routines d'avant-match, gestes de préparation : l'étude la plus citée sur leur efficacité a été retirée en 2024, à la demande de ses propres auteurs. Ce qui subsiste est plus ancien et beaucoup moins flatteur. Le rite n'améliore pas vos résultats, il rend tenable ce qui ne dépend pas de vous, et il survit longtemps à sa propre utilité.

Portrait de Jimmy Materne
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Ce que vous allez comprendre

  • Pourquoi l'anxiété fabrique le rituel, et non le rituel l'apaisement
  • Ce qui sépare une habitude, une routine et un rituel dans les faits
  • Pourquoi un rituel d'équipe amplifie les liens existants sans en créer de nouveaux
  • Pourquoi un rite vidé de sa fonction survit des années à sa raison d'être
  • Ce que le rituel modifie dans votre rapport à la charge de travail
Le texte de l'épisode

Marc a une annonce à faire à onze heures. Une réorganisation. Trois postes qui bougent, un qui disparaît. Il a préparé ses notes hier soir, il les a relues ce matin dans les transports, il sait quoi dire.

Il est dix heures quarante-cinq. Marc se lève, prend sa tasse, et descend à la cuisine de l'étage.

Sa tasse est propre. Il l'a rincée hier en partant. Il le sait. Il la lave quand même. Eau chaude, une goutte de liquide vaisselle, il passe le doigt à l'intérieur, il rince, il retourne la tasse, il l'essuie avec du papier. Deux fois. Il la repose sur l'égouttoir, il la reprend, il l'essuie encore une fois sur le rebord parce qu'il reste une goutte.

Deux minutes. Peut-être trois.

Puis il remonte, et il fait son annonce.

Si tu demandais à Marc pourquoi il fait ça, il te regarderait bizarrement. Il te dirait qu'il ne fait rien. Que sa tasse était sale. Qu'il avait envie d'un café et qu'au final il n'en a pas pris.

Et pourtant, il le fait avant chaque réunion qu’il considère comme difficile. Depuis des années maintenant. C’est toujours la même tasse, toujours la même séquence, toujours le coup de papier en trop. Bref, toujours les mêmes gestes.

Marc ne sait pas qu'il a un rituel. D’ailleurs, il ne sait pas non plus ce qu’un rituel fabrique.

Tu connais la pub. Zidane qui enfile ses chaussettes. La jambe gauche d'abord, toujours la gauche, chaussette, chaussure, puis la droite. Et la gorgée d’eau. J’en avais fait un épisode il y a quelques années pour ceux qui m’écoutaient déjà.

Ce qu'on nous a raconté avec cette image, pendant vingt ans, c'est une histoire de performance. Le champion a une routine, la routine fait le champion, donc trouve ta routine. Tu la retrouves dans à peu près tous les livres de développement pro, dans les séminaires, dans les posts du lundi matin sur LinkedIn, Insta, X, nomme ce qui te convient. Le rituel comme méthode. Le geste qui produit le résultat.

Le problème, c'est que la science qui soutenait pourtant ce narratif n'existe plus.

L'étude phare, c’était il y a dix ans, s'appelait Don't stop believing. Publiée en 2016 dans une revue de psychologie des organisations, elle montrait que les rituels amélioraient la performance en réduisant l'anxiété. Elle a été citée partout. Et sans doute même que je m’en étais inspiré pour l’épisode que j’avais fait à l’époque. Elle a été retirée en novembre 2024. Et le détail compte : ce ne sont pas des enquêteurs qui l'ont épinglée. C'est l'équipe d'auteurs elle-même qui a écrit au rédacteur en chef, après avoir réaudité ses propres données, pour dire… qu'elle n'avait plus confiance dedans.

Une deuxième étude, publiée en 2018 sur les rituels et la maîtrise de soi, a été retirée aussi.

Restait à savoir ce qu'il y avait derrière, une fois ces deux-là évacuées. En 2022, une équipe menée par Martin Lang a refait le test proprement. Deux cent soixante-huit étudiants tchèques, protocole enregistré à l'avance pour ne pas pouvoir bricoler les résultats après coup. Le stress, ils l'induisent par un discours. On t'annonce que tu vas devoir prendre la parole et que ta prestation sera évaluée. Tu prépares, puis tu attends. Et pendant que tu attends, on te fait suivre un point qui se déplace sur un écran. Dans un groupe, le point bouge selon des motifs rigides et prévisibles. Dans un autre, il bouge n'importe comment. Un troisième groupe ne fait rien. Aucun sens, aucun symbole, aucune tradition dans tout ça : juste de la séquence contre du désordre.

Ce qu'on mesure pendant ce temps, c'est un questionnaire d'anxiété et la conductance de ta peau. C’est-à-dire ta transpiration. Induite par le stress, et elle, tu ne la contrôles pas.

Résultat : l'anxiété baisse chez ceux qui ritualisent. Un peu plus que chez les autres. À peine.

Donc voilà où on en est. L'idée que ton rituel te fait mieux performer, en l'état, ne tient à presque rien.

Mais il se passe autre chose. Et c'est là que je trouve que ça devient intéressant, parce que la flèche part dans l'autre sens.

Le même Martin Lang, en 2015, dans Current Biology a fait venir des gens en labo pour une tâche de nettoyage d'objet. À la moitié de ces personnes, il annonce que des experts attendent dans la pièce d'à côté et vont noter leur prestation. À l'autre moitié, rien. Puis il enregistre les mouvements de leurs mains, avec des capteurs et il compare la façon de nettoyer des deux groupes.

Ceux qui ont peur d'être jugés nettoient différemment. Plus de gestes que nécessaire. Plus de répétitions. Plus de rigidité dans la séquence.

Et le détail que je trouve assez fou c’est que l'inquiétude consciente, celle que tu peux nommer, agit surtout sur le nombre de gestes en trop. Alors que le rythme cardiaque, lui, prédit la répétitivité et la rigidité. Deux caractéristiques qui échappent complètement au contrôle volontaire.

Traduction. Quand tu sais que tu stresses, quand tu pourrais le dire à voix haute, tu en fais plus. Tu rajoutes des gestes. Marc repasse le papier une troisième fois sur sa tasse, et si tu l'interrogeais là-dessus il saurait quoi répondre, il te dirait qu'il n'est pas tranquille pour son annonce. Et quand c'est le corps qui stresse sans que tu en aies conscience, tu n'en fais pas plus, tu fais pareil. Mais alors exactement pareil. Le même geste, le même ordre, la même durée. Au millimètre près. L’exécution se fait en mode robot. Ça, Marc ne peut pas te l'expliquer, parce que ça ne passe pas par sa conscience.

Ce qui veut dire que Marc, en lavant sa tasse propre à dix heures quarante-cinq, ne met pas en place une stratégie. Il ne décide de rien. Son corps ritualise tout seul parce qu'il a peur.

L'anxiété fabrique du rituel. Pas l'inverse.

Et au passage, ça règle une confusion qui traîne partout. On te parle en permanence d'habitudes, de routines, de rituels, comme si c'étaient trois mots pour la même chose.

Une habitude, c'est un automatisme. Un déclencheur, un geste, tu n'y penses pas. Tu allumes ton ordinateur en arrivant.

Une routine, c'est une séquence organisée qui sert à faire avancer le travail. Elle structure ton temps, elle n'a aucune charge affective particulière.

Le rituel a deux marqueurs que les chercheurs ont bien identifiés. Le premier, ils l'appellent l'opacité causale : le lien entre ton geste et le résultat que tu en attends est physiquement invérifiable. Laver une tasse n'a aucun effet mécanique sur la façon dont sept personnes vont encaisser une réorganisation. Le second, c'est que ton attention se déplace. Elle ne va plus vers le résultat, elle va vers la conformité du déroulé. Marc ne se demande pas si sa tasse est propre. Il se demande s'il a fait la séquence dans le bon ordre.

Le jour où tu essuies deux fois une tasse déjà sèche, tu n'es plus dans l'habitude. Tu es ailleurs.

Et si tu trouves que ça ressemble à une découverte récente, non. Un anthropologue polonais, Bronisław Malinowski, avait vu la même chose dans les années vingt chez les pêcheurs des îles Trobriand. Quand ils pêchent dans le lagon, eaux calmes, fond visible, technique maîtrisée, ils ne font aucun rituel. Aucun. Quand ils sortent en haute mer, là où on risque de mourir, ils déroulent des cérémonies magiques entières.

Sa conclusion : le rite arrive exactement là où la technique ne garantit plus le résultat.

Sauf qu'un autre anthropologue, Radcliffe-Brown, a retourné le raisonnement. Selon lui, le rite ne soulage pas une angoisse qui existait avant. Il en fabrique une nouvelle. La peur de mal l'exécuter. La peur de le rompre. Une angoisse fraîche, sociale, très utile pour tenir les gens dans le rang.

Un siècle plus tard, ce n'est toujours pas tranché. En 1941, George Homans a proposé un arbitrage qui tient encore : Malinowski a raison au niveau de l'individu, Radcliffe-Brown a raison au niveau du groupe. Le même geste apaise celui qui le fait et discipline ceux qui le regardent.

Prends le baiser de Laurent Blanc sur le crâne de Barthez, en 98. Avant chaque match, sans exception.

Pour Barthez, c'est du Malinowski pur. Il va passer quatre-vingt-dix minutes à devoir arrêter des ballons qu'il ne choisit pas, tirés par des gens qu'il ne contrôle pas. Le baiser ne l'aide pas à plonger du bon côté. Il rend tenable de rentrer là-dedans.

Et puis arrive la finale. Blanc est suspendu, il a été expulsé en demie contre la Croatie. Il ne joue pas.

Le baiser a eu lieu quand même. Depuis le bord du terrain, hors du rectangle.

Voilà Radcliffe-Brown. Le soir du match le plus important de leur vie, avec le geste devenu impossible à faire dans les conditions habituelles, personne dans ce groupe n'a envisagé une seconde de s'en passer. Il a fallu inventer une version dégradée plutôt que sauter un tour. Ce n'est plus un porte-bonheur à ce stade. C'est une obligation collective, et le prix à payer pour l'enfreindre était devenu trop élevé pour que quiconque le tente.

Alors qu'est-ce qui se passe vraiment, quand un groupe ritualise ensemble ?

Il y a une étude que j’ai découverte qui date de 2011, dans une revue scientifique américaine. Une équipe débarque à San Pedro Manrique, un village espagnol de six cents habitants. Chaque année, à minuit le 23 juin, des habitants traversent pieds nus un lit de braises. En 2008, on a mesuré la température en surface : six cent soixante-dix-sept degrés.

Les chercheurs équipent trente-huit personnes de capteurs cardiaques. Douze marcheurs et vingt-six spectateurs. Parmi ces spectateurs, neuf sont des proches, famille ou amis d'un marcheur. Les autres ont été recrutés au hasard quelques heures avant.

Et ils trouvent une synchronisation des rythmes cardiaques pendant le rituel. Les cœurs se calent les uns sur les autres.

Mais pas tous. La synchronisation apparaît entre les marcheurs et leurs proches. Pas entre les marcheurs et les inconnus, qui regardent pourtant exactement la même chose, au même moment, dans le même amphithéâtre.

Détail qui compte : ce rituel-là ne comporte aucun mouvement synchronisé. Personne ne danse ensemble, personne ne chante en rythme. Les corps se synchronisent sans faire le même geste.

Ce que ça dit, à mon avis, c'est la chose la plus utile de tout cet épisode. Le rituel collectif n'a pas créé le lien. Il a amplifié un lien qui existait déjà. Ceux qui n'avaient rien en commun avec les marcheurs sont restés physiologiquement dehors.

Garde ça en tête la prochaine fois qu'on te propose un rituel d'équipe pour souder le collectif. Le rite ne fabrique pas ce qui n'est pas là. Il rend visible et intense ce qui est déjà là. Et par le même mouvement, il rend visible qui est dehors.

Il y a un deuxième phénomène, et celui-là tu le connais par cœur.

Google avait un rituel qui s'appelait TGIF (Thank God it’s Friday, en français, merci mon dieu c’est vendredi). Chaque vendredi, toute la boîte, les dirigeants qui répondent aux questions en direct. À l'origine ça marchait vraiment. C'était le lieu où on pouvait engueuler la direction.

Puis l'entreprise a grossi et est passée à des dizaines de milliers de personnes. La participation s'est effondrée, d'environ quatre-vingts pour cent des salariés à vingt-cinq, d'après un mémo interne rapporté par la presse à l'époque. Tout ce qui s'y disait fuitait dans les médias dans l'heure. Les gens ont arrêté de parler. En 2019, le format hebdomadaire a été abandonné pour un rendez-vous mensuel recentré sur les produits.

Le rituel avait cessé de faire ce pour quoi il avait été créé. Il a continué des années malgré tout.

Et là, tu penses peut-être à ton point du lundi matin.

Marc en a un aussi. Il ne l'a pas créé, il l'a hérité. Son prédécesseur l'avait mis en place pour une raison précise, à une époque où l'équipe était éclatée sur trois sites. Aujourd'hui ils sont tous au même étage. Le rendez-vous du lundi neuf heures existe toujours. Quarante-cinq minutes. Sept personnes. Un tour de table où chacun dit ce qu'il fera cette semaine, information que tout le monde a déjà dans l'outil partagé.

Personnellement je me souviens que mon manager en faisait un aussi quand j’étais jeune chef de projet. Chacun pouvait dire ce qu’il voulait, ça ne changeait rien au reste de la semaine. Ce point c’était une habitude, un confort de dire « oui on fait un point d’équipe régulièrement ». Et des comme ça on en retrouve partout, à tous les étages, alors que chacun préférerait vaquer à ses occupations.

Le truc c’est que personne n'aime ce moment. Personne ne propose de le supprimer. Marc y pense parfois, et il ne le fait pas, parce que supprimer un rituel, ça envoie un signal. Ça veut dire quelque chose. Et il ne sait pas quoi.

C'est exactement le mécanisme de Radcliffe-Brown. Le rite s'est vidé de sa fonction et il tient encore, par l'angoisse qu'il produirait en disparaissant.

Mais attention, supprimer cet espace parce qu’il a perdu sa fonction première sans autre considération c’est tout aussi risqué que de faire perdre du temps à tout le monde.

Il est important de comprendre si ce point régulier n’a pas évolué vers une autre fonction. Par exemple, l’occasion de célébrer quelque chose, de s’unir contre les clients trop chiants, ou tout simplement décompresser avec des collègues qu’on apprécie parce qu’on partage un café et des croissants. C’est seulement après qu’on peut décider de ce qu’on veut faire.

Une dernière chose, et elle est utile parce qu'elle vient d'une étude qui essayait de démontrer le contraire.

En 2025, une chercheuse néerlandaise, Evangelia Demerouti, teste un entraînement en travail hybride. On apprend à des gens à fabriquer leurs propres rituels de transition, ces gestes qui marquent la fin de la journée quand on travaille de chez soi. Éteindre les notifications, changer de tenue, ranger le matériel, sortir marcher.

Sur le conflit entre le travail et la vie personnelle, l'entraînement n'a produit aucun effet. Rien. Et sa conclusion est franche : les rituels de transition peuvent aider à marquer la frontière entre les deux domaines, ils ne réduisent pas le conflit entre eux, parce que le travail hybride demande plus que des rituels.

Je précise honnêtement : quatre-vingt-cinq participants, six jours, questionnaires auto-déclarés. C'est petit. Et on ne teste pas vraiment un rituel en six jours, puisque la répétition dans la durée fait partie de sa définition.

Mais la direction est claire, et elle recoupe tout le reste. Le rituel agit sur ton rapport à la charge. Il n'agit pas sur la charge.

Alors non, je ne vais pas te dire de mettre en place des rituels. Et je ne vais pas te dire d'arrêter non plus.

Ce que fait Marc avec sa tasse n'est pas ridicule. Ce geste gère quelque chose de réel : le fait qu'une annonce de réorganisation ne t'obéit pas. Tu peux préparer tes notes, anticiper les réactions, soigner tes formulations. Il restera toujours la part où sept personnes vont recevoir ça avec leur histoire, leur fatigue et leur méfiance. Cette part-là ne se contrôle pas.

Laver une tasse déjà propre, c'est un endroit où le contrôle marche encore. C'est peut-être tout ce que le rite a jamais fait. La danse de la pluie ne fait pas tomber la pluie, elle rend tenable de dépendre du ciel.

Ce qui se discute, ce n'est pas le geste. C'est ce qu'on en raconte.

Le moment où on vend la tasse comme une méthode de performance.

Et le moment où on décide que tout le monde doit avoir la sienne. Parce que là, le geste que Marc s'était fabriqué tout seul pour tenir debout devant une annonce difficile devient une chose de plus à exécuter correctement, devant témoins, à l'heure dite. Il ne l'abrite plus. Il le surveille.

Donc si tu veux emporter une question de cet épisode, en voici une. Prends deux ou trois de tes rituels, ceux du bureau et ceux de chez toi. Pour chacun, regarde ce qu'il gère aujourd'hui. Est-ce qu'il gère encore une incertitude réelle, quelque chose qui t'échappe et devant lequel il te tient debout ? Ou est-ce qu'il ne tient plus que parce qu’on a peur du signal que son arrêt enverrait ?

Les deux réponses sont acceptables. Il y a des rituels vides qu'on garde parce qu'ils font partie du décor, et ce n'est pas grave.

Mais savoir dans quelle catégorie tu es, ça change ce que tu peux en attendre. Et arrêter d'attendre de ta tasse propre qu'elle te rende meilleur, c'est déjà une façon plus juste de regarder ta propre performance.

Sources et références

  • Brooks, Schroeder, Risen, Gino, Galinsky, Norton, Schweitzer, Don't stop believing: Rituals improve performance by decreasing anxiety (Organizational Behavior and Human Decision Processes, rétracté en novembre 2024) (2016)
  • Tian et al., Étude sur les rituels et la maîtrise de soi, rétractée en 2024 (2018)
  • Lang, Krátký, Xygalatas, Effects of predictable behavioral patterns on anxiety dynamics (Scientific Reports) (2022)
  • Lang, Krátký, Shaver, Jerotijević, Xygalatas, Effects of Anxiety on Spontaneous Ritualized Behavior (Current Biology) (2015)
  • Konvalinka, Xygalatas, Bulbulia, Schjødt, Jegindø, Wallot, Van Orden, Roepstorff, Synchronized arousal between performers and related spectators in a fire-walking ritual (PNAS) (2011)
  • Hobson, Schroeder, Risen, Xygalatas, Inzlicht, The Psychology of Rituals: An Integrative Review and Process-Based Framework (Personality and Social Psychology Review) (2018)
  • Bronisław Malinowski, Magic, Science and Religion (1948)
  • Alfred Radcliffe-Brown, The Andaman Islanders (1922)
  • George C. Homans (1941)
  • Evangelia Demerouti, Time-Spatial Job Crafting and Other Self-Regulation Strategies in Hybrid Work (Journal of Business and Psychology) (2025)

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